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 Ensemble nous ferons ce qu'il faut pour sortir de cette horeur.

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MessageSujet: Ensemble nous ferons ce qu'il faut pour sortir de cette horeur.   Mar 19 Aoû - 13:13


La famille Darröw


(la reine des neiges) ▽ On me dit sois forte, le temps arrange tout, mais j'ai besoin de nous, pour oublier.
J'aimais beaucoup revoir Kaine lorsque l'occasion se présentait. J'avais eu vent qu'elle avait amarré à Hauterive depuis quelques jours le temps de se réapprovisionner et de reprendre des forces avant de repartir sur les mers. J'adorai la revoir, elle était d'excellente compagnie et cela faisait du bien de croiser une pirate, qui plus est. Entre femmes nous avions d'autres sujets de conversation que les hommes... comme si nous avions un peu de répit l'espace de quelques heures. J'avais aimé l'accompagner pour l'aider lors de quelques pillages et vols. Désormais, en ce qui concernait la piraterie, j'admettais que j'avais quelques doutes sur mes réelles intentions vis-à-vis de ce milieu.

Finalement, j'étais pirate, c'était dans mes gênes. Certes, mais sinon ? Je n'avais voulu faire cela que parce que cela me semblait logique. Que j'étais liée à tout ça, que j'étais née là-dedans. Mais je n'avais aucun but. Puis je réfléchissais aux expéditions en mer... peut-être qu'ici, en Archenland, j'arriverai à rejoindre un équipage ? L'idée me plaisait bien. Partir à la recherche de l'inconnu, voguer sur les flots. Et en même temps, je doutais. Si nous venions à croiser des pirates ? L'équipage duquel j'avais fait partie ? Celui de Kaine ? Les Darröw ? Où serait ma place ? Pourrais-je un jour revenir ici si je trahissais mon royaume en rejoignant l'équipage adverse ? Tant de questions qui compliquaient un peu les choses. En attendant en tous cas, j'avais pour projet d'ouvrir ma boutique à Anvard, pour confectionner des tenues pour tous. Anvard... mais j'hésitais à retourner dans mon village d'origine. Ou pourquoi pas venir à Hauterive ? J'avais du choix, mais je ne savais pas comment penser.

Devais-je faire profit avec les pirates et les mécréants ? Avec les gens de la capitale ? Les campagnards ? J'étais perdue. Pourtant ce n'était pas même une question de vie ou de mort, loin de là d'ailleurs. Alors que je sortais de la taverne d'où Kaine et son équipage venait de partir, je vaguais à mes pensées dans les rues, errant comme une âme en peine. Où aller ? Que faire ? Je décidais finalement de me rendre jusqu'au port, et d'attendre. Une nouvelle rencontre, une ancienne rencontre, personne. Je ne savais pas ce qu'il me fallait, ce que je désirais. J'étais presque las des anciennes rencontres. Devoir avoir toutes ces retrouvailles avec tout le monde m'épuisais. J'aurai presque pu réunir tout ceux qui avaient contribué à ma vie ici en un seul et même endroit pour leur faire le récit de tout ce qui m'était arrivé, puis je les aurais laissés un à un me raconter leur vie. Mais si j'étais partie ce n'était pas pour avoir à me justifier à mon retour ! J'étais presque exaspérée de tout ça. Répéter sans cesse la même histoire, tout en restant dans le vague.

Mais j'avais bien entendu apprécier certaines de mes retrouvailles. Pas toutes, bien évidemment. J'avais retrouvé ce cher Koko, le fils de l'épicier de notre village d'enfance. Il n'avait pas changé... toujours son visage enfantin, ses cheveux lisses aux reflets blonds lui arrivant juste au-dessus des épaules. Il était toujours aussi bête ce Koko. Pourtant il avait été l'un de mes amis, camarades de jeu lorsque nous étions petits puis adolescents. Je l'ai presque toujours connu, à dire vrai. Oh, il n'était pas méchant... mais c'était justement ça le problème. Comment avait-il pu atterrir dans la cité des pirates ? Tant de questions sans réponses. En tous cas, lui, il ne m'avait pas demandé ce que j'étais advenue. Moi non plus, d'ailleurs. Il travaillait quelque part dans le village, mais il ne m'avait pas précisé à quel endroit. Sacré Koko. J'étais sûre qu'il devait être la mascotte de La Fesse Crochue, s'il y était déjà allé. Avec sa dégaine de paysan snob, il était si mignon. Sacré Koko.

Alors que j'avais marché tout ce temps, j'arrivai enfin au port de Hauterive. Et c'est à ce moment-là que je me rendis compte que quelqu'un me suivait. Pas très discrètement en plus... décidant de surprendre mon assaillant qui souhaitait sûrement me piquer de l'or - alors que je n'en avais pas sur moi, seulement quelques misérables pièces... - je posais ma main sur le fourreau de mon épée, sans faire le moindre geste brusque. Je continuais d'avancer. Heureusement pour moi, je n'avais pas eu la mauvaise idée de m'habiller d'une robe ou d'une jupe avant d'arriver ici. J'étais simplement vêtue de bottes, d'un pantalon de soie marron et d'une tunique rouge en lin. J'aurai adoré faire l'acquisition de tissus de velours, mais étrangement je n'en avais jamais trouvé lors de mes pillages... la dernière fois que j'en avais vu, c'était chez mes parents. Chez ma famille. Chez moi. Ou plutôt... Chez eux.

Tournant légèrement la tête vers l'horizon, je laissais mon regard aller sur l'eau, au loin. Je devais reprendre la mer. C'était là où se trouvait ma véritable place. C'était là où je finirai. Là où je mourrai. Sentant que mon assaillant était toujours en train de me suivre, je finis par aller sur le bord du port, là où il aurait suffit d'une main qui vous pousse ou d'un déséquilibre malencontreux pour vous faire tomber dans l'eau déjà bien profonde de quelques mètres. Je pourrais mieux surprendre celui qui me suivait, ainsi...
« RIWANA, ATTENTION, TU VAS TOMBER DANS L'EAU HAHAHA ! » M'avertit si prudemment cette autruche calormène unijambiste de Koko, en essuyant une larme imaginaire qui ne coulait pas sous son œil, comme pour faire bonne foi de son avertissement si attentionné. Quel abruti celui-là ! Il ne pouvait pas faire attention ? Il venait de révéler mon nom à la personne qui me suivait...

Mais le petit jeu était terminé, et j'étais las de ce petit jeu que je décidais de finir rapidement. En moins de temps qu'il ne le faut pour dire Koko, je dégainais mon épée, me retournais, surprenant la... jeune femme en robe derrière moi, remarquant très vite que mon épée l'avait surprise et qu'elle perdait l'équilibre. Je rangeais rapidement mon épée, agrippant son bras alors qu'elle s'apprêtait à tomber. Mon coeur se mit alors à battre la chamade et mon emprise se fit si forte que j'aurai pu soulever la jeune femme d'une seule main. Non, c'était impossible... Pas elle. Pas ici. Pas maintenant. Pas comme ça. Pourquoi serait-elle ici ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi m'aurait-elle suivie ainsi ? Pourquoi elle ? Non. J'avais beau l'avoir devant mes yeux, je peinais à y croire. Alors qu'elle était toujours en déséquilibre sur le rebord du chemin sur lequel nous marchions l'une derrière l'autre quelques instants plus tôt, je la tirai vers moi d'un coup rapide, reculant d'un pas et m'appuyant bien sur le sol pour avoir un appui stable.

Je l'observai, ébahie et encore sous l'effet de la surprise - ou du choc - sans savoir quoi dire. Je ne voulais pas briser le silence, je voulais simplement la voir. J'avais attendu ce moment indéfiniment, sans vraiment penser qu'il arriverait aussi vite. Je pensais tout préparer et provoquer nos retrouvailles, jamais je ne me serai attendue à ce qu'elle se trouve ici. Que ce soit maintenant. Que ce soit aussi inattendu. J'avais failli la faire tomber à l'eau, qui plus est. D'ailleurs, je tenais toujours son bras fermement, de peur qu'elle ne retombe. Ou plutôt, de peur qu'elle ne parte. Je ne voulais pas, je ne voulais plus jamais lui échapper. Je refusais qu'elle ne m'échappe à son tour. C'était la personne que j'avais toujours aimé le plus au monde, et elle serait cette personne pour l'éternité. Aucun homme, aucune femme ne pourrait remplacer Lenaë. Personne.


« ...tu ne devrais pas marcher ici, tu pourrais tomber. »
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MessageSujet: Re: Ensemble nous ferons ce qu'il faut pour sortir de cette horeur.   Sam 3 Jan - 18:51


- Vive le vent d'hiver, c'est ça, oui ! Grommela Lenaë en passant férocement un coup de brosse dans ses cheveux en pagaille.

L'esprit tourmenté par toutes sortes d'histoires, la pirate avait peiné à trouver le sommeil la nuit dernière ; elle n'avait fermé l’œil que peu avant l'aube et voilà qu'elle s'était éveillée en catastrophe un quart d'heure plus tôt, alors que midi sonnait à la pendule. En vacances puisque son bateau, la Flèche, était à quais, Lenaë aurait bien pu se permettre cette bonne grasse matinée ; cependant, ses grands-parents avaient déjà prévu qu'elle devrait les rejoindre à La Fesse Crochue pour le déjeuner à midi et quart, et donc elle ne le pouvait pas. En panique totale, la jeune femme enfila à toute vitesse ses vêtements de la veille, dont un jupon taché de boue par endroits et une chemise froissée, ayant trop peur de la remarque cinglante que pourrait lui faire son grand-père Marlowe si elle ne se dépêchait pas, puisque c'était un homme très à cheval sur les horaires. Elle attrapa ses bottes, se passa un peu d'eau sur la figure puis arrangea ses cheveux du mieux qu'elle put et, bien que le temps lui soit compté, s'accorda tout de même une petite pause pour évaluer la situation devant le miroir. Ses traits étaient tirés, son teint blafard et ses yeux cernés, mais sa coiffure, qui par on ne sait quelle magie avait l'air présentable, parvenait à rendre l'ensemble correct. Plus ou moins soulagée, Lenaë s'apprêta à partir quand elle se souvint qu'elle avait oublié d'ouvrir les volets. Cela lui arrivait quotidiennement comme le lui faisait souvent remarquer son amie Olivia, qui vivait avec elle, et pour une fois Lenaë se décida à faire un effort. Elle était en retard, ce qui s'avérait la meilleure raison pour faire des choses qu'elle omettait d'habitude.

La fenêtre lui opposa d'abord une certaine résistance et elle se demanda si les gonds n'avaient pas gonflé à cause de l'humidité. Après quelques efforts, la fenêtre s'ouvrit et un froid glacial envahit la chambre de Lenaë. Tout en frissonnant, la pirate s'attaqua ensuite aux volets qui, curieusement, tremblaient. Ils n'étaient retenus que par un loquet rouillé et il suffit que Lenaë ne relâche celui-ci pour qu'ils viennent se plaquer avec fracas contre les murs extérieurs, tandis qu'une bourrasque de vent s'engouffrait brusquement dans la pièce. Le souffle fut si violent que Lenaë faillit en tomber à la renverse ; des papiers laissés en plan sur son petit bureau s'éparpillèrent sur le sol ; les rideaux se jetèrent au dehors et ondulèrent perpendiculairement à la rue, quelques mètres plus bas. Avec grande difficulté, la jeune femme rentra les rideaux qui semblaient lutter pour rester à l'extérieur et referma la fenêtre. Ce ne fut qu'une fois le calme revenu qu'elle se rendit compte des hurlements du vent dehors, auxquels elle n'avait pas prêté attention plus tôt dans sa grande précipitation. Comme elle le redoutait, un rapide coup d’œil au miroir lui indiqua que sa coiffure n'avait pas résisté au vent ; elle ressemblait maintenant à un épouvantail, et plus aucun élément de son apparence ne permettait de sauver le reste. Furieuse, Lenaë se munit de sa brosse et poussa le grognement cité plus haut. La magie n'opéra point, cette fois-ci, n'étant efficace qu'à la première demande des souillons, ce qui acheva de la mettre de mauvaise humeur. Officiellement en retard, Lenaë rajouta deux châles, une cape, trois écharpes et des gants à sa tenue puis sortit affronter le froid et le vent de l'hiver.

Celui ne l'épargna pas non plus et sa progression dans la rue se révéla extrêmement fastidieuse ; les rafales soufflaient dans le sens opposé à son cheminement, semblant la repousser vers son logis douillet. Ce n'était pas l'envie qui lui manquait, d'ailleurs, et elle constata que beaucoup avaient eu la même réflexion car pas un chat ne traînait dans cette rue pourtant très fréquentée habituellement du centre-ville. Il valait mieux ainsi : Lenaë ne désirait nullement que quiconque l'aperçoive dans cet accoutrement ; pour les gens de la taverne, elle ne s'en souciait guère puisqu'ils étaient soit saouls, soit habitués à la fréquentation des clochards. Quant à ses grands-parents, ils n'auraient rien à dire comme ils l'obligeaient déjà à courir dehors par ce temps exécrable. Quoiqu'en réalité, aussi grognon que Lenaë puisse l'être ce jour-là, elle n'aurait voulu les décevoir pour rien au monde. Ils représentaient la seule famille à laquelle elle pouvait encore se confier, et là reposaient les tourments qui l'avaient maintenue éveillée la veille. En effet, depuis que ses parents avaient appris qu'elle jouait aux pirates au lieu de tisser sagement à Anvard comme elle leur avait raconté, un certain froid s'était installé entre eux et ils ne s'adressaient plus la parole depuis plus de trois mois à présent. Ses grands-parents maternels, un peu dans la lune, travaillaient dans un orphelinat de Hauterive et elle ne semblait compter à leurs yeux que pour une enfant de plus ou de moins ; Lenaë pouvait le comprendre car ils n'avaient jamais eu l'occasion de la voir grandir, et ce vide rendait difficile la construction de liens affectifs. Quant à son oncle, dont elle avait été très proche au cours de la brève période où elle l'avait connu, il reposait parmi les milliers de matelots décédés en mer. C'était à peu près tout ce que la joyeuse famille Darröw avait à offrir... Hormis sa grande sœur, mais Lenaë ne se faisait plus l'illusion de la revoir un jour. Aurore s'était volatilisée voilà six ans de cela, au cours d'une terrible nuit où une partie du magasin de ses parents avait également disparu dans un incendie. Lenaë savait que sa sœur était vivante ; elle en était profondément persuadée, cependant elle ne comprenait pas pourquoi elle n'était jamais rentrée à la maison. N'aimait-elle plus sa famille ? Eux l'aimaient en tout cas, et Lenaë l'aimait plus que tout même, mais elle ne parvenait pas à justifier l'absence de sa sœur par une autre raison et ce terrible doute laissait un vide incommensurable dans son cœur.

L'arrivée dans le quartier des tavernes, très animé, l'arracha à ses tristes pensées. Aucune tempête, aussi violente soit-elle, n'aurait pu déloger les habitués de la Fesse Crochue de leur point de rendez-vous. A force de fréquenter ce lieu en compagnie de son équipage, de ses amis ou de ses grands-parents, Lenaë avait fini par connaître la plupart des clients de la taverne, et elle en croisa d'ailleurs quelques-uns. Elle rencontra même l'un de ses camarades de la Flèche et lui adressa un bref de signe de tête par politesse, étant de trop mauvaise humeur pour entamer la moindre conversation. A son grand désespoir, il arriva tout de même à sa rencontre et elle fit mine de s'enfouir le nez dans sa triple épaisseur d'écharpes afin de ne pas avoir à parler beaucoup.

- Hey, la Campagnarde ! La salua-t-il, car c'était le surnom de pirate qu'on lui avait attribuée. Tu devrais entrer, je crois que tes Pépé et Mémé sont fâchés après toi... Et puis ça caille, hein !
- Oui, on se les pèle... marmonna Lenaë en roulant des yeux à la menace de ses grands-parents en colère. Merci, bonne journée.

Et elle s'en alla sans plus de civilité en traînant du pied vers l'entrée de la taverne, de moins en moins enthousiaste à l'idée de ce repas de famille en petit comité. C'est alors qu'une bourrasque plus forte que les autres la saisit et souleva le pan de l'écharpe du-dessus, qui vint lui cacher la vue. Désorientée, la jeune femme dut faire un tour sur elle-même pour se retrouver dos au vent et remettre son écharpe en place. Une fois qu'elle eut terminée sa besogne, pestant à nouveau, son instinct la poussa à lever les yeux vers une personne qui partait dans la direction du port. Il s'agissait d'une femme à l'allure jeune, et vêtue bien plus raisonnablement que Lenaë d'un pantalon, et qui venait tout juste de sortir de la Fesse Crochue. Elle n'était pas la seule à en être sortie, et l'apparence de cette femme n'avait rien d'extraordinaire, surtout qu'elle se tenait de dos, mais sa simple vision parvint à faire manquer un battement de cœur à Lenaë. Non, la pirate ne venait pas de succomber à coup de foudre. Mais ce maintien droit, cette démarche souple et décidée, elle les connaissait, elle les avait toujours admirés. Il était impossible qu'elle les retrouve ici, car ils ne pouvaient appartenir qu'à Aurore, sa grande sœur disparue. Par quel hasard aurait-elle pu la croiser ici, en ce jour banal et venteux ? Lenaë l'ignorait, et elle se disait qu'elle rêvait sûrement, mais elle eut l'espoir que son rêve était réel. Elle oublia tout : sa mauvaise humeur, le froid, le vent, ses grands-parents qui s'impatientaient, et entama la filature la moins discrète de l'Histoire. S'il s'agissait bien d'Aurore, Lenaë ne la laisserait pas disparaître une seconde fois, et elle la suivrait aussi longtemps qu'il le faudrait pour apprendre la vérité.

Le vent pouvait soulever sa jupe jusqu'à ce que tout le voisinage aperçoive sa culotte et le froid pouvait mordre ses joues comme elle aurait mordu dans une tourte chaude, cela n'avait guère d'important pour Lenaë. Son attention restait obnubilée par la silhouette qui continuait d'avancer devant elle, et bien que des passants arrivent à les séparer parfois, Lenaë ne pouvait la perdre de vue : c'était comme si un halo entourait la prétendue Aurore, la rendant plus visible que la plus imposante des bâtisses du quartier. Sa cible continua son chemin, imperturbable, vers le port, sans jamais se retourner. Lenaë n'arrivait donc pas à voir son visage, qui aurait confirmé ses doutes et cessé de la torturer ; elle n'avait pour repère que de longs cheveux balayés par le vent, qui lui rappelaient effectivement ceux d'Aurore mais en plus long et peut-être aussi un peu plus clair. Lenaë tressaillit : cela ressemblait vraiment bien à sa sœur mais si c'était vraiment elle, que faisait-elle ici ? Était-elle au courant que sa sœur s'y trouvait, et cherchait-elle à l'ignorer ? Ne l'aimait-elle vraiment plus ? Cela aurait pu être vrai, car il était difficile de croire qu'elle n'avait toujours pas remarqué sa présence depuis le temps qu'elle était suivie... Mais Lenaë refusait de penser à cette idée et bientôt, elle atteignit les quais. Le vent était encore plus fort et plus mordant ici, au bord de l'eau, et il hurlait sinistrement en se faufilant entre les coques et dans les voiles des navires qui tremblaient dans les flots tourmentés. Au bout d'un moment, la jeune femme s'arrêta au bord du port et Lenaë put enfin voir son visage de profil. Oui... Elle en était sûre maintenant, c'était bien sa grande sœur adorée, aussi absurde que cela paraisse. Tremblante d'excitation mais également d'appréhension, Lenaë s'approcha lentement d'elle mais fut brusquement coupée dans son élan.

- RIWANA, ATTENTION, TU VAS TOMBER DANS L'EAU HAHAHA ! S'écria à l'encontre de la jeune femme, Koko, un garçon du village où avait grandi Lenaë qui s'était lui aussi retrouvé par le plus grand des hasards à Hauterive.

Riwana ? Comment ? Bien sûr que non, c'était Aurore ! Koko avait toujours été un peu idiot, mais il connaissait Aurore, c'était d'ailleurs l'un de ses amis... Il n'aurait pas pu se tromper. Et s'il avait appelé cette femme Riwana, ce n'était donc pas sa sœur. Mais cela aurait quand même été incroyable, et Lenaë était à ce moment trop pleine d'espoir pour renoncer à aller à la rencontre de cette personne, elle devait en avoir le cœur net. Elle atteignit enfin la jeune femme après une marche qui lui sembla interminable, son cœur battant la chamade, mais fut accueillie d'une façon bien différente de celle qu'elle attendait. La jeune femme se retourna, une épée brandie dans sa direction, révélant son visage qui s'avéra être véritablement celui d'Aurore. Et là, Lenaë ne sut si c'était par peur de l'épée ou tant elle était émue de reconnaître sa sœur qu'elle fit un pas en arrière et manqua de tomber à la renverse dans l'eau. C'était sans compter sur son aînée protectrice, toujours là pour la rassurer quand elle n'était pas disparue, qui l'attira tout à coup vers elle pour l'empêcher de basculer en arrière. Son expression changea alors tout à fait et son visage sembla s'illuminer. Elle la contempla d'un air ébahi, tout comme le faisait Lenaë, et ne desserra son emprise sur son bras qu'au bout de quelques instants, toujours sous le choc. Oubliant aussitôt le singulier incident avec l'épée, Lenaë se retint de pleurer d'émotion en entendant les premiers mots que lui adressaient sa sœur depuis six ans.

- ...tu ne devrais pas marcher ici, tu pourrais tomber.

C'étaient des paroles de grande sœur, qui se veulent réconfortants mais en même temps marquent une légère autorité, un conseil avisé d'aînée. Lenaë ne savait comment réagir, ni quoi répondre. Elle était submergée par un flot d'émotions et avait tant de choses à lui demander qu'elle ne savait où en donner de la tête. Elle voulait lui dire à quel point elle lui avait manqué mais en revanche lui reprocher d'être partie sans prévenir, lui demander ses raisons, savoir ce qui était advenu d'elle pendant ces six longues années, ce qui l'avait menée ici... La pirate sentit ses yeux piquer ; le vent, sans doute. Néanmoins, elle refusait que sa grande sœur la voit ainsi, surtout qu'elle regrettait amèrement d'être vêtue comme un sac pour leurs retrouvailles. Elle décida de se taire, en premier lieu, et de la serrer dans ses bras comme elle aurait voulu le faire quand ça n'allait pas, sans que cela soit possible car sa sœur était absente. Ainsi elle ressentait à nouveau la présence rassurante d'Aurore, était certaine en la sentant contre elle qu'il ne s'agissait pas d'un rêve cruel et pouvait lui témoigner toute son affection.

- Tu m'as manquée... lui dit-elle simplement, et elle s'arrêta là de peur que sa voix ne trahisse ses sentiments.

Elle ne desserra son étreinte qu'une fois que la boule dans sa gorge eût passée et la regarda à nouveau. Le visage d'Aurore avait changé, il montrait qu'elle avait beaucoup grandi et mûri. Son teint était plus bronzé qu'auparavant, indiquant qu'elle avait dû se rendre autre part qu'en Archenland. Lenaë avait du mal à imaginer où Aurore avait pu se trouver durant tout ce temps, ce qu'elle y avait fait. En six ans, on a le temps de changer énormément et Lenaë craignait que ce soit le cas d'Aurore. Qu'elle soit devenue presque une autre personne, qu'elle l'ait oubliée ou ne l'aime plus comme avant, quand elles vivaient chez leurs parents.

- Tu ne peux pas imaginer le nombre de choses que j'ai à te dire...sourit-elle. Mais d'abord, dis-moi, comment est-ce que Koko vient de t'appeler ?

Elle fronça les sourcils, inquiète de la réponse que sa sœur pourrait lui donner. Si Koko ne s'était pas trompé et qu'elle se faisait appeler Riwana, peut-être était-elle réellement devenue quelqu'un d'autre. Lenaë voulait retrouver sa sœur, comme avant, et l'angoisse commença à la saisir au ventre.  Le vent se leva à nouveau et une rafale ébouriffa leurs cheveux – ce qui ne changeait plus grand chose pour Lenaë, à vrai dire. Elle sentit le froid, qu'elle avait jusque-là oublié, la traverser toute entière, la faisant frissonner et lui glaçant les veines en même temps que le faisait la peur qui venait de la prendre. Elle songea alors qu'Aurore, ou Riwana, devait elle aussi avoir froid.

- Qu'est-ce que tu dirais de poursuivre cette conversation au chaud ? Ça, c'est un vent de Dieux...
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MessageSujet: Re: Ensemble nous ferons ce qu'il faut pour sortir de cette horeur.   Sam 3 Jan - 18:51

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MessageSujet: Re: Ensemble nous ferons ce qu'il faut pour sortir de cette horeur.   Lun 16 Fév - 11:55


La famille Darröw


(la reine des neiges) ▽ On me dit sois forte, le temps arrange tout, mais j'ai besoin de nous, pour oublier.
Elle avait changé. Les traits de son visage différaient légèrement de la vision que j'en avais conservé auparavant. Ses cheveux étaient beaucoup plus longs, bien que touffus et qu'un petit coup de brosse s'imposait... mais ce qui m'avait le plus choqué, c'était surtout une chose. Ce petit détail qui changeait tout, inévitable. Elle avait grandit. Elle n'avait plus les mêmes vêtements qu'avant. Elle demeurait silencieuse, ne sachant peut-être pas quoi dire. Moi même je ne savais pas quoi faire. J'étais perplexe, je me serai attendue à la voir n'importe où ailleurs dans la contrée archenlandaise, mais pas ici. Que faisait-elle là ? Il n'y avait rien ici pour elle, personne. Moi j'avais prit en compte ma vie de débauchée depuis mon départ, mais elle ? Elle me prit finalement dans ses bras, ce qui – étrangement, je dois l'admettre – m'étonna en tous points. Elle devait me haïr. Elle devait vouloir des explications, des raisons de l'avoir abandonnée avec nos parents, de les avoir laissés tomber après l'incendie. Sauf que j'avais oublié quelque chose... Lenaë n'était pas moi. Le vent soufflait de plus en plus fort, aussi je la serrai un peu plus contre moi, sentant également une petite touche de tristesse dans sa voix. Du moins, c'est ce qu'il me semblait... elle était beaucoup plus émotive que moi, à n'en rien douter. Puis elle relâcha son étreinte, et je ne pus m'empêcher de la dévisager, tentant de me rendre compte de l'image réelle et véritable de ma sœur, si longtemps imaginée comme ma toute petite sœur, laissée ici, bien que jamais oubliée. Elle ne serait jamais plus la même enfant, elle n'en était probablement plus une. J'expirai fortement avant qu'une bourrasque ne me fasse légèrement vaciller sur le côté, mais je repris mon équilibre assez rapidement. Elle m'adressa à nouveau la parole, et me sourit. Je ne pus me retenir de faire de même, avec un sourire en coin avant de voir Koko dans mon champs de vision, en train de se battre avec une mouette. Mais qu'avait-il fait encore ce cinglé de Koko ?! Puis après les derniers mots de Lenaë, je me décidais enfin à lui répondre, tout en lui prenant la main pour descendre de là et rejoindre la « terre ferme » avant que le vent ne nous fasse tomber dans l'eau.

« Allons au chaud oui. La Fesse Crochue n'est pas un endroit de rêve, mais nous n'avons qu'à y aller... Je vais tout t'expliquer en chemin et là-bas. Puis ensuite, tu me parleras aussi de toi, je veux savoir tout ce que j'ai manqué. » Après avoir eu son accord, je relâchais sa main, partant en direction de la taverne très réputée à Hauterive pour ses combats de pirates et sa mauvaise réputation. Sacrée taverne. Koko nous salua de la main avant d'attraper la mouette par les pattes et de hurler. Il avait vraiment un sérieux problème ce Koko... Alors que nous avancions, quelques pirates se mirent à courir face à nous pour rejoindre leur navire... « EN AVANT LES GROS BOUSIERS, LE VENT VA NOUS PORTER AU LARGE ! » « Mais capitaine... » « ON VA TOUS MoOOoOooOuUUuURiiiiiR !!! » crièrent en cœur le capitaine de la petite troupe, son second et un autre pirate, alors que les autres braillaient – dont un, semblerait-il, en train de muer – ce qui avait l'air plutôt pathétique, mais en soi, ce n'était pas mon problème. Ils allaient certainement affronter une tempête, s'échouer quelque part, faire un naufrage et mourir. Tant mieux !  « Pirates. » soufflais-je, si bas que Lenaë ne du pas entendre ce que je venais de dire. En tournant la tête, je vis au loin un abruti en train d'exploser une mouette contre un mur, si bien que du rouge se mêla aux bourrasques de vent. Charmant. Quel brave Koko, toujours aussi courageux. Un adversaire redoutable.

« Pour en revenir à ce que tu me demandais... nos parents m'ont appelée Aurore Riwana, mais en quittant ma vie ici, j'ai laissé mon premier nom pour le deuxième. A vrai dire, c'est devenu plutôt symbolique pour moi... j'ai l'impression d'avoir trois vies. La première a commencé sur un bateau pirate et a fini ici dans un incendie... »

Nous étions arrivées devant la porte de la taverne au moment même où je prononçais ce mot qui me fit étrangement me sentir particulièrement bien. Je devais admettre que l'incendie avait été causé à cause de celui que j'avais fait sur le bateau pirate, et si c'était à refaire, je le referai sans doutes. Je n'avais aucun regret si ce n'était celui d'avoir fait « confiance » à Willer et d'avoir décidé de partir au lieu d'aider ma famille. Mais je devais partir avant qu'on ne se rende compte que j'avais un quelconque lien avec tout ça. J'avais eu mes raisons. Mes actes avaient eu des conséquences pour ma famille, mais aussi pour Willer et moi. En tous cas, je m'en doutais un peu... Je regardai dans la taverne si une table était disponible, mais visiblement, non... aussi je me tournais vers Lenaë, d'un air légèrement amusé et énervé. « Je finirais ce que je te disais quand nous aurons une table... » puis je haussais la voix en m'avançant dans l'établissement. « Bon, il faut tuer qui pour avoir une table ?! »

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Ensemble nous ferons ce qu'il faut pour sortir de cette horeur.

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