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 Pour une valse narnienne, tous les désatres sont permis ~ feat Eöl Noldor

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MessageSujet: Pour une valse narnienne, tous les désatres sont permis ~ feat Eöl Noldor   Mer 30 Juil - 19:13




Je dois admettre que j'étais toujours aussi surprise de voir que le guérisseur avait accepté mon invitation, mais je ne pouvais que l'en remercier. Il me raccompagna jusqu'au chemin, m'expliqua où je devais bifurquer pour rentrer au château, et je ne vis bientôt plus sa silhouette à travers les bois. Je me mis en route, marchant avec difficulté puisque je ne pouvais plus soulever les pans de mes robes pour aller plus vite à cause des bandages qui recouvraient mes mains.

Mais le sourire que j'arborais ne semblait pas vouloir quitter mes lèvres, même lorsque je trébuchais sur une pierre et perdais l'équilibre quelques instants. Mon trajet ne fut pas long, et en arrivant dans les jardins du château, je fus heureuse de contempler un instant les vasques de pierres qui décoraient l'allée. Dans un dernier regard, j'observais au loin l'étendue sombre que représentait la forêt, avant de gravir les marches du grand escalier de pierre, et de pousser les portes du hall.

Je passais le déjeuner en silence, ne mangeant que peu, aidée par Impa qui se riait de ma mésaventure. Je lui avais tout raconté, sans exception, et elle semblait très amusée tout en étant furieuse. Cela me paraissait assez étrange venant d'elle et de ses habitudes d'être toujours douce. Elle m'expliqua qu'il n'était pas du tout convenable pour une Dame d'inviter un homme qu'elle ne connaissait pas à un diner formel entre plusieurs familles nobles, surtout lorsque cette personne n'était pas du même rang. Et ensuite, elle me laissa seule dans la pièce, se rendant en cuisine pour expliquer la situation et préparer un surplus au diner.

Je restais seule un temps, avant de remercier les servantes pour le repas, et de quitter la grande salle. Je rejoignais finalement la salle de bal, dans laquelle nous risquions de finir le repas, histoire que mon père s'assure de me voir danser avec chacun des prétendants. J'observais de es yeux azuréens la salle, elle me semblait immense sans musicien ni personne. Le sol de marbre claque avec force sous mes pas, et les murs sont recouverts de nombreuses tapisseries colorées, il y a aussi quelques armures dans les coins de la pièce. L'estrade des musiciens est recouverte d'un tapis de fourrure, et j'aperçois de là, la lyre de ma mère.

Je ne l'ai jamais entendue en jouer, et moi-même, je ne sais que jouer de la viole de gand. J'observais un instant le sol de marbre, j'avais envie d'y voir des fleurs, des couleurs, plus de joie que cette simple couleur terne. J'imaginais d'ors et déjà la musique, une valse narnienne, ce serait cela, une véritable valse romantique et pas les choses étranges que mon père veut que je danse avec les prétendants. Cette valse que l'on danse autour d'un feu sur la place principale de la capitale en jour de fête. Je fermais les yeux, et me laissais bercer par cette musique imaginaire, je finis par tournoyer sur moi-même, laissant mes bras venir se poser sur un danseur inexistant.

Quelques pas en arrière, deux en avant, puis je tourne à nouveau, avant de faire une révérence, pour ensuite tournoyer encore. J'ai appris cette danse en cachette, trop inconvenable pour une dame de mon rang. Mais après, je n'étais pas non plus assez convenable, puisque j'invitais un homme à ma tablée du soir, autre qu'un membre de ma famille, autre qu'un noble. Sans compter que je grimpais aux arbres, et que j'aimais jouer à cheval aussi, soit des activités très loin de la broderie ou de la lecture que j'aurais due pratiquer. J’arrêtais finalement de danser seule, évitant les possibles moqueries d'une servante qui aurait put arriver pendant, et quittais la salle d'un pas raide. La journée était déjà bien entamée, et père risquait de revenir d'un moment à l'autre.

Je grimpais le long escalier qui menait aux étages, je me rendais dans mes appartements, et traversais les couloirs en silence. J'étais un peu inquiète de la marche à suivre, devais-je entamer des préparations incroyable sur ma tenue de ce soir pour les prétendants, ou rester naturelle quand bien même cela paraitrait louche puisque j'avais convié le guérisseur au diner. Lorsque j'atteignis mes appartements, la porte de ma chambre s'ouvrit d'elle même sur mes servantes, Laeti et Futie, deux naïades sous les ordres d'Impa. Leurs sourires me laissa légèrement pantoise quant à mes actes futurs. Elles s'inclinèrent toutes deux, avant de me prendre par les bras et de me tirer à l’intérieur de ma chambrée.

"Mademoiselle, nous avons parfaitement saisit vos craintes au sujet du diner de ce soir..."

"C'est pourquoi nous avons trouvé tout le nécessaire pour vous vêtir correctement sans attirer les regards de convoitise de vos prétendants, ni les foudres de votre père sur vos actes..."

Je haussais un sourcil, qu'avaient-elles prévue réellement? Je vis Futie quitter la pièce et se diriger vers les anciens appartements de ma mère, mais n'eus pas le temps de savoir ce qu'elle était partit y faire, puisque Laeti me tirait par le bras pour m'emmener vers ma coiffeuse. La naïade me dévêtit totalement, et détacha mes cheveux en retirant toutes les pinces et décorations de la journée. J'avais l'impression de n'être qu'une poupée entre ses mains. Elle m'entraina ensuite devant une bassine d'eau d'où s'échappait un parfum florale délicat, et je compris. De l'eau florale, et aux essences qui s'en échappaient, je dirais du géranium rosa et des orchidées bleue. Elle m'enduit de cette eau, recouvrant chaque monceau de mon corps comme si cette eau avait des vertus curatives, tout en faisant attention à mes mains bandées.

Lorsqu'elle eut finit, je vis Laeti revenir vers moi, un grand sourire sur ses lèvres bleues, j'avais la sincère impression que toutes deux avaient manigancé quelque chose d'incroyable et de fou à mon égard. Je n'eus pas le temps non plus de protester, qu'elle me traina de nouveau dans la coiffeuse, et me fit enfiler une large robe blanche à corset. Je ne l'avais jamais vue de toute ma vie, et une rangée de dentelle ornait ses pans, que ce soit sur le bas de la robe, sur le col, ou sur les manches qui collaient mes poignets. Je crus qu'elles avaient une idée un peu trop folle en tête, puisqu’elle revenait avec trois autres pans de tissus, un beige et duveteux, et l'autre doré. Je clignais des yeux, et protestais avec véhémence, mais l'arrivée d'Impa me fit taire, qu'avaient-elles toute en tête?

Impa aida les deux à m'habiller, me faisant enfiler une seconde robe, dorée cette fois-ci, avec de large broderies sur le tissus, ressemblant à des arabesques et des feuilles d'or. Les manches étaient plus courtes que celle de la première, et évasée au niveau des coudes, je trouvais cela jolis, mais très étrange. Et enfin, elles me firent mettre la dernière, et je découvris que ce n'était pas n'importe quel tissus, mais du duvet. C'était extrêmement doux, et semblait renvoyer les éclats du soleil par moment. En revanche, la coupe était très différente, à l'avant, la robe s’arrêtait au niveau de mon ventre, en pointe inversée, et le reste devenait très long dans mon dos. Les manches étaient gonflées sur les épaules, et s'y arrêtaient, ne laissant qu'un mince décolleté suggestif. Je crus que c'était terminé, jusqu'à ce que je vois ma nourrice avec un corset argenté, et je sus que ma soirée risquée d'être suffocante.

Ensuite, les trois naïades semblèrent se concerter dans leur langue, tout en jetant des coups d’œil étrange à ma chevelure blonde. Je craignais maintenant le pire. Elles tressèrent des rubans, des feuilles de lierre, et des brins de fleurs dans mes cheveux, avant d'en faire un chignon fleurit, et de laisser quelques mèches glisser le long de ma nuque et sur mes épaules. Impa disparut ensuite, pour prévenir mon père qu'un invité de dernière minute s'était joint à la soirée, et une boule se forma dans ma gorge alors que les deux servantes restante s'occupait de m'attacher des boucles d'oreille en forme de goutte d'eau, ainsi qu'un long pendentif avec la même forme, en or. La dernière touche, fut un peu d'ocre rouge mêlée à des essences de fleur, pour le tenue, qu'elle passa sur ma lèvre supérieur uniquement. J'étais surprise, surprise, et incapable de bouger, tant j'avais peur de la réaction des gens lorsque j'arriverais dans le grand salon.

Je fus pourtant contrainte de le faire, quittant mes appartements, et faisant très attention à chacun de mes pas, puisque je ne pouvais toujours pas soulever les pans de mes robes pour descendre les escaliers. Pour autant, ce ne fut point si hardie que cela, puisque je ne faisais que descendre. J'étais terrifiée, mais je conservais un air humble, tout en priant pour que rien de fâcheux n'arrive. Une fois dans le hall, je croisais le regard de mon père, furieux, soit dit-en-passant, mais il changea brusquement d'expression. On aurait dit qu'il avait vu un fantôme.

"Père, un problème vous incombe-t-il?" Demandais-je d'une voix humble.

"Eh bien..." il se racla la gorge "Tu ressembles beaucoup à ta mère aujourd'hui, cela m'a surprit, mais qu'importe, viens, nous allons accueillir les invités..."

Je restais béate un instant, comprenant finalement les manœuvres de mes gouvernantes, et suivais mon père jusqu'aux portes du château, qu'il fit ouvrir d'un geste théâtral. Il ne fit aucune remarque sur mes mains bandées, mais je savais que cela ne tarderai pas. Nous vîmes alors ses précieux invités gravir les marches menant jusqu'ici, et les prétendants à ma mains me firent frissonner de dégouts, plus particulièrement le plus âgé, dont l'odeur d'alcool était déjà présente sur sa personne. Je fis cependant une large révérence, avant de leur offrir un sourire neutre, j'évitais leur regard, cherchant des yeux mon invité spécial, invité qui tardait à venir. Nous discutâmes quelques instants sur la pas de la porte, ou du moins, ils discutèrent pendant que je ne faisais qu'acquiescer, jusqu'à ce que l'un des fils prodiges Vareze  brandisse un doigt dédaigneux vers le bas des escaliers.

"Qui est cet elfe? Et que vient-il faire ici?" Grogna-t-il.

J'avais l'impression d’être un simple morceau de viande, et lui le fauve qui le protège, mais je me taisais, observant le guérisseur monter les marches avec grâce.


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MessageSujet: Re: Pour une valse narnienne, tous les désatres sont permis ~ feat Eöl Noldor   Ven 1 Aoû - 11:16

Pour une valse narnienne, tous les désastres sont permis



« Meilleur que mille mots privés de sens est un seul mot raisonnable, qui peut amener le calme chez celui qui l'écoute.  »


Eöl n'avait pas perdu de temps pour rentrer dans sa noble demeure et commencer à rassembler des présents digne de ce nom. Le premier était une perle noir d'une rareté sans pareil, monté sur une attache d'or fin, avec pour emballage un écrin de cristal finement travaillé. Ce magnifique présent étant destiné à la vicomtesse Druitt. Qu'allait-il pouvoir offrir à la seconde mère... Scrutant son jardin à travers les carreaux de le sa cuisine, il resta là, à réfléchir sans bruit, pendant une heure durant. Au bout d'un moment il décida d'ouvrir la fenêtre. Le fils du voisin apparut soudainement en déposant une corbeille remplie de fraises sur le rebord de la fenêtre. Un garçon fort aimable qui appréciait beaucoup l'elfe. Il lui demanda ce qu'il faisait dans sa cuisine à une heure pareille, mais Eöl ne savait quoi répondre, toujours perdu dans ses pensés. Le gamin descendit du rebord de fenêtre et conseilla à son ami de ne pas tarder à manger ces fraises sinon elles allaient se gâter. Un éclaire de génie traversa l'esprit de l'elfe, mais oui, ce petit bonhomme avait raison ! Laissant la fenêtre ouverte, il pris la corbeille de fruit, nettoya les fraises et enleva les queues avant de monter quatre à quatre les marches de ses escalier pour se rendre dans sa bibliothèque. Il lui fallut une bonne heure afin de trouver une recette convenable de pâtisserie. Il cuisina avec soin, faisant de son travail une véritable oeuvre d'art. Une fois ses miniatures sorties du four, il les laissa refroidir sur le rebord de la fenêtre. La fin de l'après-midi arrivait à grand pas, lorsqu'un pelage familier pointa le bout de son museau devant la fenêtre de l'elfe. C'était un cerf immense, qui par l'odeur alléchante n'avait pas pu résister à venir voir ces petites pâtisseries. Heureusement Eöl en avait prévu bien assez pour la marquise Vareze, il pouvait bien en donner un à ce majestueux compagnon. Se plaisant à contempler les bois de l'animal lui faisant la conversation, il sursauta en voyant l'heure qu'affichait son cadran solaire. En retard, il allait être en retard à force de papillonner !  

Il pris un bain froid et rapide ayant pris soin de ne pas mouiller ses cheveux, il pu ainsi les coiffer rapidement. Même s'il faisait les choses vite, il ne négligeait pas son apparence. Une fois ses cheveux superbement lissés et démêles, il posa son étrange couronne princière au dessus de ses oreilles. Après quoi il commença à s'habiller. Par dessous il portait un pantalon moulant couleur bleu ciel, par dessus une longue robe de tissus fin aux reflets semblables à ceux des ailes de libellules. Puis par dessus encore il mis une tunique fendue de couleur grise à col montant. Elle était brodée de ravissant fil d'argent formant des courbes très agréables à regarder. Pour tenir ce col ouvert, il attacha à la base du cou, sa broche d'or blanc ornée d'une pierre de lune parfaite. Pierre, que l'on retrouvait sur ses quelques bagues qu'il avait glisser à ses longs et fins doigts. Il enfila rapidement une paire de bottines teinté d'argent aux lacets de soie. Il se contempla quelques instants dans le miroir, se demandant par la même s'il faisait assez prince. Le cerf passa sa tête par la fenêtre de la chambre et lui suggéra de rajouter sa cape. Cette cape était faite de fibres de satin, de couleur grise, elle faisait resplendir de plus bel son costume désormais digne d'un seigneur de haute naissance. Manquant d'oublier le dernier présent, il prit le morceau le plus pur de cristal qu'il possédait et l'emballa dans un carré de velours attaché par un ruban orné de petites fleurs blanches. Il mis les petites pâtisseries dans uncoffret de bois avant de sortir en courant. Voyant que l'elfe allait salir sa longue tunique s'il continuait à marcher à pied, il lui proposa de monter sur son dos.

Ils ne tardèrent pas a arriver devant les marches du château. Ce soir, Eöl allait devoir ranger ses principes dans un coin de son esprit et s'enfoncer sur le visage le masque du noble seigneur étranger. Alors qu'il levait la tête vers les autres convives de cette soirée, un doigt accusateur se pointa vers sa personne, suivit d'une remarque déplacé, voir quelque peut raciste. L'elfe ignora superbement cet affront et descendit de sa monture avec la grâce et l'agilité d'un prince malgré ses longs pans de tissus. Escaladant les marches en silence, il s'inclina poliment devant l'homme qui semblait être le père d'Agnèle. Puis il se redressa et remarqua ainsi qu'il dépassait l'homme de quelques têtes avant de s'approcher du groupe des dames. Gratifiant la marquise Vareze d'un baise main, il lui tendis le coffret de bois contenant ses pâtisseries, puis il fit de même avec la vicomtesse Druitt, lui remettant ensuite l'écrin de cristal. Et pour terminer, il offrit le petit paquet de velours à Agnèle. Cette dernière portait une robe ravissante, elle ressemblait à une véritable princesse narnienne. Et bien que cette tenue ne paraisse un peut trop "excentrique" aux yeux de l'elfe, il savait qu'il n'arriverait sans doute pas à décrocher les yeux des prétendants de la jeune femme qui lui avait demandé en quelque sorte son aide. La soirée s’annonçait dors et déjà compliquée. Peut-être n'aurait-il du pas venir en fin de compte... Se retournant alors vers le propriétaire du château, le grand elf s'excusa et se présenta dignement.

▬ Puissiez-vous pardonner mon retard Duc Anselme Horik Beauchamp. Le soleil brillera sur votre route. Eöl, Ecthelion Noldor est mon nom, fils du Seigneur Celeborn. Guérisseur de Beruna.

Il avait ignoré jusque là tout les prétendant. Ne leur adressant alors qu'un léger signe de tête en guise de salutation avant qu'il ne pose son regard intense dans celui du chef de la famille. Loin de là l'idée de vouloir énerver les prétendant, il voulait simplement leur faire comprendre qu'il ne les traiteraient pas comme étant plus noble que lui même. Il ne lui restait qu'une chose à faire tandis que le cerf alla brouter quelques tiges d'herbe plus loin, c'était attendre les réactions suscitées par la venue du guérisseur, cet invité surprise à l'imposante stature. 



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MessageSujet: Re: Pour une valse narnienne, tous les désatres sont permis ~ feat Eöl Noldor   Dim 3 Aoû - 12:39




Il était finalement venu.

Certes, sa monture m'avait laissée pantoise, mais pas totalement choquée, et bientôt, un mince sourire était venu se courber sur mes lèvres. Il s'avançait sur les marches, la tête haute, et ignora la remarque du cadet des Vareze, et poursuivit sa montée jusqu'à nous, le port altier. Il s'inclina devant mon père, et je pu constater que le guérisseur était bien plus grand que lui. Il passa devant la marquise, la gratifia d'un baisemain, puis lui offrit un ravissant coffret de bois, avant de se tourner vers la vicomtesse, à qui il fit de même avant de lui céder un écrin scintillant. Je souriais doucement, il avait tenu à suivre mes conseil, et j'étais dés plus enchantées de voir qu'il était parvenu à temps à trouver présents pour ces dames. En revanche, lorsqu'il se tourna vers moi, je fus de nouveau plus que surprise. Il m'offrit un carré de velours fermé par des liens fleurit blancs, avant de se tourner de nouveau vers mon père, probablement pour se présenter comme il se doit. Je n'osais baisser les yeux sur mes mains bandées dans lesquelles se trouvait désormais ce petit sac de velours, je ne savais quoi trouver en son sein, et j'étais aussi effrayée qu’enthousiaste de bientôt le découvrir. Il se présenta en effet, avant de nous faire parvenir des excuses pour son léger retard.

▬ Puissiez-vous pardonner mon retard Duc Anselme Horik Beauchamp. Le soleil brillera sur votre route. Eöl, Ecthelion Noldor est mon nom, fils du Seigneur Celeborn. Guérisseur de Beruna. Dit-il d'une voix de ténor qui me fit frissonner, tant sa puissance pouvait s'être décuplée de par ces quelques mots.

Père aurait put danser d'un pied sur l'autre, si son orgueil n'avait pas été bafoué par la venue de l'elfe en notre château, surtout en cette soirée. Et il conserva un air digne sur le visage en rendant une légère révérence. De là où j'étais, je pouvais presque sentir des ondes meurtrières à l'égard de mon invité surprise, et de mon coté, je ne pouvais m’empêcher de conserver un sourire satisfait. Le vicompte Druitt et son fils voulurent protester, mais un geste de la main de mon père les firent tous deux taire. Il fit donc les présentations, avant de me lancer un regard lourd de sous-entendus, j'avais certes compris sa mise en garde, mais bizarrement, je ne pouvais m’empêcher d'être rassurée qu'il ne puisse point me punir en publique. Du moins je l’espérais, mais peut-être trouverait-il une idée intéressante et me mettrai à l'épreuve durant la soirée. Après-tout, il avait plus d'un tour dans son sac, et je ne doutais pas qu'il allait se faire un plaisir de trouver vengeance de quelconque façon que ce soit.

"Eöl Ecthelion Noldor, je suis ravis de faire votre connaissance, vous, guérisseur de Beruna, qui vous êtes occupé de ma précieuse fille, et j'espère que partager la table de nobles seigneurs comme nous ne troublera point votre quotidien. " Le vieux Vareze et mon père rirent de cette insulte masquée, tandis que je serrais les poings.

Il y a des fois, où mon père m'apparait comme un véritable malotru, pire encore que tous ces monstres dans les contes de fées que j'entends sur la place du marché à la capitale. Si j'avais pu me le permettre, j'aurais aisément remit mon père à sa place avec une phrase violente et déplacée, mais je n'étais qu'une fille, qui plus est une jeune fille à marier, alors ma parole était presque inexistante. Je soupirais de désolation, mais me tus, et suivit père à l’intérieur de notre château, sur mes pas, nos convives, dont l'un d'entre eux, je l’espérais, n'était pas trop froissé des propos de mon père. Nous traversâmes le hall en silence, bien que j'entendais les chuchotements guillerets de la marquise Vareze sur des pâtisseries charmantes à l'aspect délicieux. Je comprenais enfin quel était le présent de mon ami elfe à son égard. Dans une démarche que j’espérais noble et calme, puisque l'air me manquait cruellement, je suivais mon père sans quitter des yeux le sachet de velours qui était entre mes mains bandées.

Père nous guida jusqu'au grand salon, où il permit aux Dames de s'asseoir, et le plus jeune des Vareze fit de même, hélas, à mes cotés, sur le long bancs de fourrure. Les torches avaient toutes étaient allumées, et je pouvais déjà sentir les effluves parfumées de notre futur repas. Le seul défaut à tout ce tableau, outre la présence de ce prétendant à mes cotés, était le fait que père venait d'appeler un serviteur pour qu'il leur serve de l’hydromel. Les autres Dames et moi-même, nous eûmes droit à des coupes d'hypocras aux fruits rouge, coupe avec laquelle j'eus beaucoup de difficulté, puisque mes mains semblaient à chaque seconde vouloir l'échapper. Mon père ricana, lorsqu'on porta une coupe à mon invité, et je sus qu'on lui avait attribué la même boisson qu'aux femmes. Les hommes présent firent de même, et l'envie de leur lancer ma propre coupe au visage traversa mon esprit de manière fugace, décidément, ces hommes étaient indigne, et mon père aussi, aucun ne méritait qu'on s'adresse à eux.

"Et bien il faut croire que votre espèce n'as pas de genre!" Ricana l'un des Vareze à son tour.

Je pris une grande bouffée d'air, et restais calme, posant la coupe de vin sur la tablée qui se présentaient à nous, et m'éloignant le plus possible de mon prétendant Druitt. J'essayais de ne plus écouter les moqueries de ces hommes au sujet de mon invité, et m’intéressais de plus prés au présent que celui-ci m'avait offert. Délicatement, je tirais sur les liens fleurit, et ouvrait le mince sachet de velours. Mon regard fut captivé par la magnificence de la pierre qui se trouvait entre mes doigts. Scintillante et transparente à la fois, un délice pour les yeux. C'était la première fois que je voyais une pierre de cette constitution, et elle me semblait refléter la lueur des torches en un millier d'éclats. Je devais avoir un sourire radieux sur les lèvres, parce que le Vicompte Druitt junior me questionna du regard, assez suspicieux. Rapidement, je rangeais mon présent en son étui de velours, et le plaçais dans mon corset, de sortes que personne ne puisse le prendre à mon insu. Une fois fait, je me concentrais de nouveau sur les propos tenus par les convives, et cette fois-ci, ma réaction fut bien trop spontanée pour que je me calme auparavant. Je m'étais relevée, le regard noir, et j'avais toisée toute l'assemblée de manière froide et digne.

"Il suffit messieurs! Cet elfe, avant d'être l'objet de vos moqueries, et aussi l'homme qui m'a sauvé dans la matinée de graves blessures, sans lui, je serais surement encore perdue dans la forêt, alors je vous prierai de le voir autrement qu'avec vos esprits étroits!" Mon cœur avait brusquement prit quelques cadences plus rapides, et je me rendais finalement compte de mes propos colérique. Je rougissais de gène, sérieusement prise en faute, et reprit d'une voix plus calme, pour essayer d'apaiser l'atmosphère. "À présent, peut-être devrions nous passer à table, avant que vous ne soyez trop saoul pour le faire? "

Et d'un geste plus que digne, je prenais la tête du convoi, rapidement suivit par la marquise, surement affamée. Je tentais de me calmer en route, priant pour que père ne me tienne pas rigueur de cet excès de colère. Je croisais un instant le regard d'Eöl, et lui renvoyait un sourire contrit, j'étais sincèrement désolé de lui avoir demandé de venir par égoïsme, il risquait d'en prendre pour son grade du coté des hommes, tant ceux-ci étaient vulgaires et peu courtois. La grande salle et sa table rectangulaire sur laquelle de nombreux couverts étaient déposés avec harmonie m’apparut alors, et je vins me placer à la gauche. À mes cotés vinrent se poser les Frères Vareze, suivit du prétendant Druitt et de son père, qui sembla trop éméché pour s'asseoir correctement. Père prit la position centrale, en même temps que ses amis Nobles sur sa droite, le seigneur Vareze à la droite de mon père, son épouse la marquise à la suite, puis mon invité d'honneur, venant ensuite la Vicomtesse, qui avait tenue à être en face de son époux. J'étais bien trop encadrée, de même que Eöl, qui était coincé entre ses deux femmes. Je laissais s'échapper un soupir de lassitude, tandis qu'Impa dirigeait les serviteurs pour que ceux-ci nous servent les entrées frugales.

"Et bien, mangeons!" Festoya mon père en levant sa coupe encore pleine d'hydromel.

Quant à moi, faisant face à mon invité, je tentais par tous les moyens de rester digne malgré le semblant de conversation que m'offrait les frères Vareze, imités par le plus jeune des Druitt, qui ne semblait pourtant pas comprendre le sujet. Je ne suis pas sure qu'un triple homicide soit une bonne idée ce soir, pourtant, j'en meurs brusquement d'envie...


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MessageSujet: Re: Pour une valse narnienne, tous les désatres sont permis ~ feat Eöl Noldor   Mar 5 Aoû - 11:24

Pour une valse narnienne, tous les désastres sont permis



« Meilleur que mille mots privés de sens est un seul mot raisonnable, qui peut amener le calme chez celui qui l'écoute.  »


On lui porta une coupe. Malheureusement elle ne contenait pas le délicieux hydromel dont avaient parlé les hommes un peut plus tôt. A vrai dire, il aurait du s'y attendre. Il garda les yeux fixé sur le liquide au fond de la coupe, affichant un visage sans expression avant de le boire doucement. Ces hommes avaient-il donc si peut d'estime à son égard ? Son espèce, comme ils disaient n'était pas assez pur pour fouler cette terre et être présente à cette tablée ? Le premier lien que le jeune elfe fit dans son esprit ce fut de comparer ces hommes aux marins et autres pirates, qui l'avait tant fait souffrir. La sagesse lui avait appris à ignorer les affronts verbaux et à garder la tête haute. C'est sans doute pour cette raison qu'il ne répondit pas aux ricanements des Vareze, il alla même jusqu’à feindre de ne rien avoir ouïe. Il aperçut du coin de l'oeil que la jeune Agnèle s'éloignait. Un son submergea son esprit, c'était celui du bruit des vagues dans le lointain, l'embrun lui piquait les narines et les gouttelettes d'eau salé lui brûlaient les yeux, une odeur de cramé flottait dans l'air tandis qu'une vague gigantesque le traversa violemment, le faisant revenir à la réalité. Une fois de plus, il se dit que c'était une très mauvaise idée d'être venu. Plus calme que jamais, Eöl vit le regard étincelant de celle qui l'avait inviter, lorsqu'elle ouvrit son petit présent. Un regard qui lui emplit le cœur de courage. Puis il détourna les yeux et observa les alentours, la pièce, les tenues de chacun, leurs manières... Aucun convive ne voulait lui adresser la parole, et puis ce n'était pas plus mal, il valait mieux écouter en silence que d'être victimes de brimades de mauvais goût.

Ne s'attendant pas à ce que quelqu'un hausse le ton si subitement, l'elfe sursauta lorsque Agnèle laissa échapper sa colère. Prenant sa défense face a ces hommes puérils, elle exagéra quelque peut les faits, et c'était sans doute pas plus mal, si cela pouvait lui éviter une remontrance de son père face à tous ces invités. Certes les blessures n'étaient pas si grave que ça, mais oui, s'il n'était pas passé par là à cet instant, elle serait sans doute encore perdue à l'heure qu'il était. Le regard de la demoiselle croisa celui d'Eöl, qui compris tout à fait à quel point elle était désolée de la situation; inclinant la tête en signe de compassion, il lui fit comprendre que ce n'était vraiment pas grave du tout. Il alla même jusqu’à lui offrir un sourire apaisant. Après quoi tout le monde se dirigea vers la table. Voyant que l'un des homme semblait avoir du mal à s'approcher de sa chaise, Eöl, s'approcha, lui tira son assise, écarta la nappe pour ne pas qu'il s'asseye dessus et lui pris le bras pour l'aider à s’asseoir. Le père de Druitt s'installa tant bien que mal, tandis que l'elfe fit le tour de la table, faisant virevolter les pans de sa tunique princière. On le plaça donc entre la marquise Vareze et la Vicomtesse, Agnèle lui faisait face, il pourrait ainsi jeter de bref coup d'oeil sur ses bandages. Au moins, personne ne l'avait mis entre les hommes, ce qui lui permis d'oublier un peut leurs mauvaises manières face aux "créatures" de Narnia. Alors que le père ouvrait les festivités, la marquise Vareze lui tendit une entrée composée de blancs de poulets et de petit maïs. Par politesse il pris le plateau et le fit passer à la personne suivante, puis lorsqu'il posa son regard sur le visage de la marquise, celle-ci semblait choquée qu'il ne se soit pas servie. Souriant avec tendresse il dit doucement.

▬ Je ne mange tout simplement pas de viande, ne considérez donc point mon geste comme une offense à ce merveilleux repas.

De délicieuses odeurs commençaient à se mêler dans l'immense pièce alors que ce n'était là que l'entrée. Il y avait hélas, beaucoup trop de plats à base de viande, passant du froid au chaud. L'elfe réussit tout de même à intercepter un saladier contenant de la salade verte agrémentée de tomates, d'herbes et de noix. Il découpa soigneusement sa salade et les tomates en lanières toutes fines afin qu'il puisse manger proprement. Jetant de temps en temps un coup d'oeil aux autres hommes, il se demandait comment un être humain pouvait ingurgiter si salement des mets si délicatement présentés, et comment faisait-ils pour manger autant... c'était un mystère. Ce qui était certain, c'était que si l'un d'eux revenait à la charge, car ça allait arriver avec cette histoire de végétalisme, il risquait de le regretter amèrement.

▬ Très bonne cette composition, l'assaisonnement est parfait. Merveilleuse idée que d'y avoir ajouté des noix, je n'y aurais jamais penser, d'autant plus qu'elles sont assez rare en cette saison.

Il nota la recette dans un coin de son esprit, il la referait plus tard. Une fois son entrée terminée, il déposa ses couverts sur le côté de l'assiette et s'essuya grâcieusement la bouche à l'aide d'une serviette en tissus mise à sa disposition. La pauvre Agnèle se disait-il, elle devait bien galérer avec ses bandages aux mains. Discrètement, l'elfe lui montra une manière un peut plus rustique pour tenir sa fourchette sans qu'elle ne glisse ou qu'elle ne lui fasse mal aux mains.


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MessageSujet: Re: Pour une valse narnienne, tous les désatres sont permis ~ feat Eöl Noldor   Jeu 28 Aoû - 16:49




Le repas se déroulait de manière assez calme, quant au début de soirée. J'avais bien cru sentir une tension lorsque mon invité surprise s'était contenté de faire passer l'un des plats, ne s'attardant pas sur les blancs de poulet. Mais il avait su apaiser la future tension en expliquant qu'il ne mangeait pas de viandes. Je me serais frappée le crâne mentalement, le pauvre, il risquait de très peu manger à ce repas, sauf si mon paternel a pensé à faire quelques plats légers, comme je le demande assez souvent, puisque trop de viandes m’écœure facilement. Je fus pourtant surprise de croiser une entrée uniquement composée de laitue, de tomates et de quelques herbes aromatiques. Je m'en servit légèrement, mon appétit d'oiseaux toujours bien présent, et la fit passé, jusqu'à ce qu'elle atteigne mon invité. Ce n'est qu'à cet instant que je remarquais les noix entre deux feuilles, ainsi donc le cuisinier aussi s'était mêlé de cette histoire. D'abord la robe de maman, puis son pêcher mignon dans le plat, qu'allaient-ils inventer d'autre? Je dégustais mon entrée, après avoir prit un très mince morceau de rôtis, et fais attention à mes mains. Une fois sur deux, la douleur était telle que je me sentais obligée de faire une pause entre chaque bouchée. Le plus affligeant était que j'avais l'impression que l'un des garçons s'amusait à frôler ma robe d'une quelconque manière, et je commençais sérieusement à me demander si mes couverts seraient assez pointus pour le faire cesser.

▬ Très bonne cette composition, l'assaisonnement est parfait. Merveilleuse idée que d'y avoir ajouté des noix, je n'y aurais jamais penser, d'autant plus qu'elles sont assez rare en cette saison. Entendis-je en face de moi.

Je lui donnais un sourire. Oui, mère avait toujours adoré agrémenter ses plats avec des fruits secs, des noix, des amendes, ou encore des noisettes. Pourtant, sur l'instant, même si j'adorais aussi ce genre de composition, je comprenais réellement la difficulté d'user un couteau dans ces circonstances. Soit je laissais tomber mes aliments, soit je ne parvenais tout simplement pas à les piquer avec mes ustensiles. Je jetais un coup d’œil discret vers l'elfe à la chevelure platine, et le voyait à son tour me faire signe. Cet être est d'une générosité sans pareil, il essaie de me montrer comment tenir mes couverts sans difficulté malgré les bandages. Je le remerciais d'un sourire tendre, et tentais de m'attaquer à mon mince repas de cette manière. En effet, c'était bien plus aisé. Je pus enfin déguster mon petit morceau de rôtis et ma salade. Lorsque les plateaux furent vidés - et je me demande encore comment il est possible de manger autant à chaque repas, sachant qu'ils répètent l'action trois à quatre fois par jour - ont fit venir les viandes et les plats. De ce coté-ci, il y avait beaucoup de légumes, principalement des pommes de terres, des choux, des carottes, des cucurbitacée, et pleins d'autres. Par contre, là où les légumes étaient à profusion, la viande l'était encore plus, et je fus contrainte de faire passer plusieurs plateaux d'Agneau, de sanglier, de faisan et de chevreuil. De toute évidence, il n'y aurait pas de poisson au diner. Je parvins à me servir d'un plat de petit épeautre, et de quelques petits morceau de sanglier, avant de prendre des légumes, et ce, sans en renverser à coté, avant le faire passer.

Outre le fait que les frères Vareze's avaient décidés de tenter des approches sous la table, et qu'heureusement pour moi, ma nourrice les avait aussitôt repérés, le reste du repas fut tranquille. Père et ses amis n'élevèrent pas plus la voix que cela, et bien qu'ils soient tous déjà bien saoul, ils ne s'en étaient plus prit à mon ami et invité d'honneur. Les nombreuses pâtisseries qui suivirent manquèrent de me donner la nausées, petits pains, cakes, fruits, crèmes, trop de nourriture à mon gout. L'une des nombreuses raisons pour lesquelles je déteste ce genre de soirée en fin de compte. Je ne pris qu'une pomme, bien rouge, parmi les fruits, et je cessais de manger, tandis que les autres, principalement la marquise, continuaient de déguster avec appétit. Les convives discutaient cependant de moi, discrètement, comme un troupeau de buffle. Les Vareze trouvaient que j'étais parfaite pour leur cadet, l'ainé me voulait aussi, et le plus jeune des Druitt disaient de moi que j'étais l'épouse parfaite pour enfanter. Que de joie. Je ne pouvais m’empêcher de lever les yeux au ciel à chaque remarque, puisse Aslan emporter leurs idiotie loin de moi. J'attendis, silencieuse, que le reste du repas s'achève, priant pour que cela soit le plus rapidement possible. Je somnolais presque, mon regard bleu dérivant sur celui scintillant de l'elfe quelques fois, je faisais attention à ce que personne ne me remarque, pas même l’intéressé. J'étais sincèrement égoïste, je l'avais presque forcé à venir passé un horrible moment pour m'aider, quand lui aurait eut bien mieux à faire.

C'est pourquoi je dus sursauter vivement lorsque mon père se leva, causant au passage la panique des frères Vareze, puisqu'ils avaient apparemment eut la même idée que tout à l'heure, soit tenter de passer leurs mains sous mes robes. Je leur lançais à tous deux un regard plus que sombre, avant de me tourner vers mon paternel, qui tenait sa coupe entre ses doigts tremblant. Trop frappé par l'alcool, il ne tiendra pas les quatre prochains verres. Il leva sa coupe, bénissant la possible union entre nos familles de par un mariage, et rappela ses amitiés, avant de nous enjoindre à trouver la salle de réception. Les serviteurs s’empressèrent de tirer nos chaises, et nous pûmes nous lever, quitter enfin cette tablée sale et grasse des nombreux jus ayant giclé durant le repas. Un malaise grandissait en moi, sans que je puisse déterminer son origine, était-ce parce que je savais que père allait se venger de ma fourberie quoi qu'il advienne? Ou bien parce que je redoutais de devoir danser aux cotés de l'un de mes prétendants trop audacieux? Nous suivîmes mon père, pour ma part en silence, jusqu'à la pièce dans laquelle j'avais passée toute mon après-midi. Impa fit ouvrir les portes sur notre passage, et ainsi éclairée, la salle me semblait bien plus vivante. Les tapisseries étaient lumineuses avec les chandeliers qui les ornaient, et de magnifique reflets luisaient sur le sol.

Le cadet des Vareze s'approcha de moi, et je sentis le regard insistant de mon père dans mon dos. "M'accorderiez-vous cette danser?" Demanda-t-il, et son haleine avait des relents de vin trop fort à mon gout.

Père espérait probablement que j’obéisse comme une gentille petite fille, mais je ne comptais pas me laisser faire. "Je suis navrée, mais je ne le puis..." Je vis que le Marquis allait répliquer, et mon père aussi, mais je pris les devants. "Ne voyez pas en cela un refus de ma part, mais je ne me considère pas comme un objet déjà conquis, et une femme sait se faire désirer. Je souhaite malgré tout danser, mais avec une personne que je considèrerais digne de cet acte ce soir." Le rire tonitruant des hommes, amputé de mon invité surprise, se firent entendre, et je sentis le rouge me monter aux joues.

"Bien, ma chère fille, si tu souhaites te montrer cavalière, fais donc. Choisis parmi les hommes présent dans cette pièce, qui sera ton partenaire de danse, Oh, et musiciens, jouez-nous un quadrille!" Et son rire continua de résonner dans ma tête. Mon malaise grandit, alors que je balayais la salle de mon regard bleuté, le posant finalement sur mon invité, pardonnez-moi Eöl, de vous entrainer dans mon combat. D'un pas gracieux, je m'avance jusqu'à l'elfe, et plongeais mon regard dans le sien, une supplication murmurée du bout des lèvres. "L'elfe? Et bien, tu ne cesses de me faire rire ce soir, voyons voir si les gens de son espèce savent danser!" Entendis-je de la bouche de mon paternel, une fois encore, des insultes, toujours des insultes, quand lui n'est même pas capable de voir que l'elfe est mille fois plus Noble que sa misérable personne. Eöl et moi-même nous avançâmes vers le centre de la pièce, sous le grand lustre, et les musiciens s’apprêtèrent à jouer, mais Impa, que je vis du coin de l'oeil leur chuchota quelques choses, et les premiers sons qui résonnèrent furent ceux des tambours. Et la voix de ma nourrice entama une ballade narnienne, si j'étais surprise de voir qu'elle désobéissais à mon père, je le fus encore plus d'entendre cette voix chanter dans la langue des Naïades. Elle nous offrait une valse narnienne, quelque chose de plaisant, de non contraignant, et très loin d'être une danse de couple.



Levant mon bras droit, paume tendue, je posais ma main recouverte de bandage contre celle de l'elfe, croisant son regard, et nous fîmes quelques pas de coté, avant de tourner ainsi. Au quatrième coup de tambour, nous changeâmes de sens, avant d’accélérer légèrement le pas, les flutes se mirent à jouer à leurs tours, et la voix de ma nourrice sembla effacer tout ce qui m'entourait. Ne laissant que mon partenaire de danse et moi-même au milieu de la pièce. Un autre arrêt, et nous changions de mains, nos pas étaient méthodiques, mère m'avait apprit que la Valse narnienne était une danse guidée par les femmes, et je comprenais enfin pourquoi. C'était la femme qui guidait l'homme dans les changements à faire, ceux des croisements, ceux des reculons, et ainsi de suite. Croisant le bout de mes doigts avec ceux d'Eöl, je m'éloignais de sa présence et laissais mon autre main indiquer gracieusement aux autres danseurs de suivre le mouvement, avant de retourner vers lui en m'enroulant entre ses bras. Malgré les rougeurs, je repris rapidement ma position initiale, formulée une révérence, et portais de nouveau nos pas dans une sorte de ronde. C'est à cet instant là que j'ai vu une pure étrangeté. Mon pendentif perdait peu à peu sa couleur de l'or, et devenait scintillant, comme une goutte d'eau illuminée par l'astre du jour. Les boucles devaient subir la même métamorphose, un ensemble de bijoux des naïades, s'illuminant lorsque leurs porteurs danse dans la joie, je comprends mieux leurs messes-basses maintenant.  

Hors rp:
 

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Pour une valse narnienne, tous les désatres sont permis ~ feat Eöl Noldor

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