Revenir en haut
Aller en bas



 

Partagez | 
 

 We are the queens of promise | Ely

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar

Inventaire
Grade: Petit Faune
Expérience:
0/50  (0/50)
Sacoche:
Sorcière Archenlandaise | Modératrice
Messages : 617
Célébrité : Eva Green
Âge : 31 ans
Humeur : Impériale
Points : 648

MessageSujet: We are the queens of promise | Ely   Sam 28 Mar - 11:50





We are the queens of promise
Rowena et Elyana

Cela faisait bien longtemps qu'il n'y avait pas eu pareil soleil. D'habitude le ciel était obscurci par des nuages porteurs de pluie, de neige ou d'orage. Les habitants devaient sans cesse courir s'abriter en attendant le retour du beau temps. L'économie, la vie même semblaient stoppés par ces événements macabres. Les enfants oubliaient souvent de jouer et de rire. Les anciens ne pensaient plus à parler de leur époque. Les adultes n'avaient plus la tête à danser ou chanter. Même les sorcières perdaient de leur plaisir à manipuler les autres.
Ainsi Rowena avait cessé de vendre des camelotes et recommençait pour la première fois depuis quatorze ans à véritablement soigner. La vocation qui jadis l'avait poussée à se terrer dans la cave de son père afin de préparer des remèdes aux maux qui pullulaient dans la Cour des Miracles de la capitale revenait à la charge, après avoir été longuement vaincue par un hiver glacial dans le cœur de la calormène. Peut-être qu'Aslan s'était penché sur son cas ? Quoi qu'il en soit, en plus de rester éternellement fidèle à Tash, elle se remettrait bientôt à faire du bénéfice sur le dos de ses consommateurs.


Elle adressa un sourire à cette vieille dame qui venait d'acheter un remède contre la fièvre de sa petite-fille. Rowena la connaissait depuis quelques années, et c'était bien la seule à avoir gagné un peu de son affection et de son respect, et sans doute la seule à échapper aux arnaques de la sorcière du Sud.
Le marché d'Anvard profitait donc de ce beau soleil, sachant parfaitement qu'il ne durerait pas éternellement. La place ne désemplissait pas et les commerçants semblaient heureux d'enfin vendre leurs meilleurs produits. Cette agitation ordonnée fut bouleversée un temps par deux soldats narniens encadrant un messager du même royaume. Les trois cavaliers arrêtèrent leurs chevaux juste devant l'étal de Rowena et le messager descendit de son cheval en déglutissant. Sa Majesté la princesse Elyana de Narnia souhaite vous voir à Cair Paravel au plus vite. Nous vous accompagnons sans plus tarder. La jeune femme le fixa d'un air agressif. Comme si elle allait partir sur le champ, sur ordre d'un vulgaire soldat. Il était hors de question qu'elle obéisse au doigt et à l'œil à un Nordiste. Elle rangea donc son matériel le plus lentement possible, riant intérieurement de la tête exaspérée des deux gardes et de celle du messager qui semblait craindre de se faire décapiter dans la minute s'il prononçait ne serait-ce qu'un mot déplaisant.

Ces messieurs demandèrent à emprunter un cheval à l'écurie d'Anvard et les quatre se mirent en route vers Narnia. Si la météo était clémente, il mettrait environ six jours, en passant par les raccourcis dans la montagne. Ils ne perdirent donc pas une seconde et s'élancèrent vers le nord, prenant bien garde à rester sur la route, à surveiller le ciel et à faire des pauses régulièrement pour les chevaux.
Au bout de deux jours, la pluie s'abattit sur eux, puis la neige, puis le brouillard, si bien que l'un des gardes poussait des hurlements contre Aslan. Rowena haussait un sourcil, songeant que jamais les calormènes n'auraient insulté leur cher dieu, même avec un temps comme celui-ci qui exaspère plus qu'autre chose. Ils avaient quitté Anvard depuis huit jours.
La montagne ne fut pas d'un grand secours : les quatre cavaliers peinaient à se repérer avec tout ce brouillard et la pluie qui les forçait à plisser les yeux pour avancer. Les montures étaient sans cesse épuisées et il fallait s'arrêter presque toutes les heures pour leur donner de l'eau. Même la nourriture venait à manquer pour les humains. Heureusement, la sorcière trouvait souvent une plante comestible et parfois, avec de la chance, ils tombaient sur un chamois qui traînait parmi les rochers, tout aussi perdus que ses chasseurs. L'eau de pluie était d'un grand secours. Au moins, à défaut de s'arrêter pour leur permettre d'aller plus vite, elle leur donnait de quoi se désaltérer.

Après dix jours de lutte et de disputes, car le messager geignait et arguait que si la guérisseuse s'était dépêchée en rangeant son étal, ils auraient échappé à la tempête, ils arrivèrent enfin près de Cair Paravel. Il leur restait au moins deux heures de trajet cela dit, mais au moins ils avaient laissé derrière eux les horreurs de la montagne. Mais comme si ça n'avait pas suffit, la neige se mit à tomber en amas de flocons, un peu comme Rowena avait pu le vivre sur le bateau qui l'avait ramenée à Archenland après le bal.
Les narniens pleurnichaient sur leur sort, ne cessaient de demander au Grand Lion pourquoi il leur infligeait ça. Agacée, Rowena les abandonna, lançant son cheval au galop pour mettre le plus de distance entre elle et ces gueux.
Le palais devant elle, elle se remit au trot, descendit du cheval qu'elle confia à un garçon d'écurie et s'engouffra dans les couloirs, montant l'escalier qui menait à une des fenêtres par laquelle Elyana l'observait. En effet Rowena l'avait aperçue, le nez collé contre la vitre pour profiter du spectacle d'une femme de neige ambulante. La sorcière enleva son long manteau de velours qui tomba au sol, donnant l'impression que la jeune femme était chez elle au château de Narnia. Elle secoua ses cheveux foncés pour déloger les quelques flocons qui s'y étaient installés confortablement et s'inclina finalement. Votre Majesté. Vous m'avez fait demandé ? Elle esquissa un semblant de sourire. Le voyage en compagnie de ces trois crétins l'avait énervée, la météo encore plus, alors elle n'était pas vraiment de la meilleur humeur qui soit, déjà qu'en temps normal elle avait l'air en colère vingt-quatre heures sur vingt-quatre...
CREDITS IMAGES: Alaska - Gritsou ○ CREDITS FICHE: ROMANE

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thetimeofconquest.superforum.fr/t78-que-le-monde-me-craigne-autant-que-je-l-ai-craint-rowena-merrin http://thetimeofconquest.superforum.fr/t101-lies-pour-un-jour-lies-pour-toujours-rowena-merrin http://thetimeofconquest.superforum.fr/t97-que-d-aventures-dans-nos-miserables-vies
avatar

Inventaire
Grade: Petit Faune
Expérience:
0/0  (0/0)
Sacoche:
Princesse de Narnia | Admin
Messages : 337
Célébrité : Alexandra Dowling
Âge : 24 ans
Points : 446

MessageSujet: Re: We are the queens of promise | Ely   Sam 28 Mar - 11:51





We are the queens of promise
Elyana & Rowena

Les flocons continuèrent de tomber et le ciel était blanc. Drysan était devant les fenêtres du couloir, les essayant toutes une à une pour avoir le spectacle complet vu sous tous les angles. Je l'observai quelques instants, il ne m'avait pas entendue m'approcher. Une fois à quelques mètres de lui, il tourna la tête dans ma direction, tout affolé. « Il est dehors, sous la neige ! » Je regardai par la fenêtre, haussant un sourcil. Je ne voyais personne à l'extérieur du château, en tous cas pas à cet endroit-là. Il m'attira vers lui puis me fit pivoter la tête jusqu'à ce que je puisse le voir. L'un des hommes de cuisine était bloqué dehors, à cause d'un amas de neige qui venait de tomber devant la porte qui menait des fourneaux aux jardins. Le voir mourir de froid me fit mal au coeur. « Dans ce cas, il faudrait peut-être songer à aller lui ouvrir, qu'en dis-tu ? Je te laisse t'en occuper, je vais lui trouver de quoi se réchauffer. On se retrouve dans les cuisines. » Il acquiesça avant de courir pour descendre les escaliers pour descendre. Quant à moi, je me dirigeais vers un placard où étaient disposés tous les draps, les parures, etc. J'y récupérais une couverture bien chaude puis descendis à mon tour pour rejoindre Drysan et le garçon qu'il avait réussi à faire rentrer. Il tremblait de froid et s'était secoué dehors mais il restait toujours un peu de neige sur lui. Drysan demanda à son valet de lui faire du thé à la camomille pour le réchauffer tandis que j'aidais le pauvre homme à se débarrasser de toute cette neige. « Garde ça autour de tes épaules ! » Je l'entourai du drap en allant le faire asseoir tandis que le valet de mon frère lui apporta de quoi boire. Un cuisinier lui donna également quelques petits gâteaux encore tout chauds. Je posais ma main sur son épaule en lui adressant un sourire, voyant qu'il se réchauffait petit à petit. Puis soudain, un garde m'interpella. Je laissais donc tout ce beau monde pour suivre le garde qui me mena dans le hall du château. Il m'apprit alors que les gardes envoyés en Archenland pour faire venir Rowena la guérisseuse étaient de retour, bien qu'ils ne semblaient pas tous être ensemble.

Je montais à l'étage afin de repérer où étaient les trois personnes et je vis l'archenlandaise toute de blanc vêtue - malgré elle bien-sûr, je la voyais mal porter du blanc - puis les deux gardes, une bonne vingtaine de mètres derrière elle. Je descendis donc les marches pour retourner dans le hall où Rowena serait éconduite. Une fois en bas, je la vis arriver, retirant son manteau avec la bonne humeur qui la caractérisait si bien et son sourire étincelant. Je m'avançais vers elle en lui prenant les mains avec un sourire.
« Rowena, je suis si contente de te voir ! Mais tu es frigorifiée, suis-moi, nous allons te réchauffer. » Je relâchais ses mains puis lui fit signe de me suivre jusque dans un salon. Une fois là-bas, je lui fis signe de prendre place dans un fauteuil, puis j'allais voir une domestique. « Pourrais-tu nous apporter deux tasses de thé avec quelques petits gâteaux s'il te plaît ? Le voyage et la tempête ont du donner faim à Rowena. » Elle me répondit d'un salut de tête et d'un sourire avant de partir. J'allais donc m'installer dans un fauteuil face à celui de mon invitée. « Je suis désolée que tu ais du venir ici par une telle tempête... le voyage a du être éprouvant, mais ne t'en fais pas, tu pourras rester ici le temps que ça se calme si tu le souhaites. Je t'ai fais venir parce que j'avais besoin de te parler d'un sujet important... » Je pris un air un peu plus sérieux, perdant toute trace de sourire, observant Rowena. Elle ne devait pas avoir la moindre idée de la raison pour laquelle je l'avais faite venir ici, et j'ignorais si cela l'agaçait mais j'osais espérer que non. Le temps ferait ses péripéties encore un certain temps, et ça, nous n'y pouvions rien. Mais en revanche, la vie devait continuer, les affaires, les voyages, et tout ce qui s'en suit aussi. Je me penchai légèrement en avant, croisant les jambes en défaisant quelques plis sur ma robe. « J'ai ouïe dire que tu étais un peu plus que ce que tu m'as laissé entendre. Est-ce vrai ? Pourquoi chercherai-tu à me cacher ces informations ? Je ne suis pas ton ennemie Rowena. »
CREDITS IMAGES: Alaska - Gritsou ○ CREDITS FICHE: ROMANE


_________________

I'm a princess cut from marble smoother than a storm
I move through town, I'm quiet like a fire and my necklace is of rope I tie it and untie it and now people talk to me, but nothing ever hits home and people talk to me, and all the voices just burn holes. ©️ Candy Apple
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thetimeofconquest.superforum.fr/t295-all-for-freedom-and-for-pleasure-nothing-ever-lasts-for-ever http://thetimeofconquest.superforum.fr/t298-your-poor-little-heart-will-end-up-alone http://thetimeofconquest.superforum.fr/t297-carnet-de-voyage http://thedragonbreath.tumblr.com
avatar
Dieu de Narnia | PNJ
Messages : 227
Célébrité : Aslan
Points : 1271

MessageSujet: Re: We are the queens of promise | Ely   Sam 28 Mar - 11:51

Le membre 'Elyana Ethelbrand' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Météo' :

Résultat :


EDIT d'Oli qui passait par là Troll Haha trop dur :') Pshit
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thetimeofconquest.superforum.fr
avatar

Inventaire
Grade: Petit Faune
Expérience:
0/50  (0/50)
Sacoche:
Sorcière Archenlandaise | Modératrice
Messages : 617
Célébrité : Eva Green
Âge : 31 ans
Humeur : Impériale
Points : 648

MessageSujet: Re: We are the queens of promise | Ely   Dim 5 Avr - 18:36





We are the queens of promise
Rowena et Elyana

La princesse ne sembla pas vexée par le visage un peu fermé de la calormène. Ce n'était pas contre elle, elle devait de toute façon en plus de le savoir y être habituée depuis le temps. Après tout, cela faisait plusieurs années qu'elles se connaissaient. La princesse s'empara donc des mains de la sorcière et eut pour elle des paroles très aimables. Elle s'inquiétait à juste titre de son état. Il y avait en effet beaucoup neigé et Rowena avait un peu froid.
Elle l'entraîna rapidement dans les couloirs de son château, non loin, dans un salon qui devait lui être réservé sans doute. Elyana envoya une servante chercher des boissons chaudes et de quoi manger. La jeune femme avait encore une fois raison, le rationnement qu'avaient dû s'imposer les voyageurs avait exaspéré Rowena qui se serait jetée sur le premier poulet passé à sa portée pour le plumer et le faire cuire. Elle pris place sur un fauteuil des plus confortables, se faisant les réflexion que la noblesse avait bien de privilèges dont elle ne se rendait même pas compte. Elle attendit patiemment que la princesse s'installe également et la fixa de ses yeux clairs, cherchant à savoir la raison de sa convocation. Elle n'était pas frustrée et restait parfaitement calme, seulement elle aimait savoir pourquoi elle devait se rendre quelque part, surtout si en plus elle devait affronter montagnes et tempêtes. Fort heureusement, elle avait le droit de dormir au palais et de rentrer une fois le temps plus doux. Il était hors de question qu'elle repasse par les chutes de neige pour retourner dans sa grotte. Quel temps de chien tout de même !

La princesse narnienne se pencha vers elle, l'expression de son visage plus ferme. Elle était toujours souriante ou presque mais savait aussi paraître plus dure, comme se devait de l'être une fille royale. Elle rouvrit la bouche, dévoilant à demi-mots le pourquoi du comment. Elle ne nomma pas précisément les informations qu'elle avait, mais Rowena n'était pas née de la dernière pluie et comprenait parfaitement le message. Son sourire aimable disparut pour laisser place à un autre plus impérial peut-être. La calormène ne se prenait pas pour le plus pauvre des gueux et s'estimait assez puissante pour tenir tête à un roi, à un dieu même. Les questions d'Elyana ne l'effrayait pas le moins du monde. Même sa réaction ne l'inquiétait pas vraiment. Quelle qu'elle soit, elle était habituée au choc, à l'acceptation ou au rejet. La sorcière garda ce silence un instant. Suffisant toutefois pour que la servante revienne avec un plateau sur lequel étaient posés divers biscuits ainsi que deux tasses sur deux assiettes qui dégageaient une douce odeur de pomme et de cannelle. La fumée qui s'en échappait indiquait que l'eau du thé était bouillante. Elle déposa le tout sur la petite table basse et s'en alla après s'être inclinant en souriant. La guérisseuse ne lui avait pas adressé le moindre regard, restant droite, immobile et gardant sur ses lèvres le même sourire presque insolent.
Elle attendit le départ de la domestique et se pencha pour mettre dans sa tasse un petit sucre avant de remuer le tout. Vous ne m'avez jamais posé la question, Votre Majesté. Je ne pensais pas que ces détails pouvaient vous intéresser. Que pouvez-vous en tirer, vous, une princesse ? Suis-je différente désormais ? Est-ce que savoir que je ne suis pas la plus pure des femmes change votre vision de ma personne ? Ca ne vous apportait rien à l'époque de connaître cet aspect de mon existence. Je doute de toute façon que vous soyez prédisposée à l'utilisation des poisons ou des remèdes. Leur préparation est, je le crains, hors de portée du sang bleu. Elle posa son thé qui était de toute évidence trop chaud pour être bu et se leva pour s'approcher des fenêtres, observant la neige qui tombait encore et encore. Au loin les montagnes disparaissaient dans un brouillard épais. Elle se retourna, faisant tourner sa robe. Votre Majesté n'a pas besoin de tout savoir de moi. Mais si c'est là votre désir, vous pouvez me poser toutes les questions que vous souhaitez. Je sais bien que vous n'êtes pas mon ennemie, simplement je n'ai jamais eu l'habitude de tout dire de moi aux personne que je rencontre, et je ne le fais pas plus avec le temps. Rowena sourit de nouveau en retournant à son siège pour prendre une gorgée de son thé, décidément brûlant. Pour se consoler, elle attrapa un petit gâteau en forme de tube et le trempa dans le liquide au goût de pomme et de cannelle. Elle n'était pas une amoureuse du thé mais il fallait bien lui faire honneur et montrer sa bonne volonté à la princesse.
Elle posa sa tasse une énième fois et s'adossa à son fauteuil, posant les coudes sur les accoudoirs et la mains au niveau de son bas ventre. Il se peut, en plus, que ceux qui vous ont parlé de moi ne m'apprécient pas spécialement. Puis-je savoir avant toute chose ce qu'ils vous ont dit ? On raconte bien des choses qui sont fausses alors qu'on en oublie des qui sont vraies. On pourrait me refaire une vie totalement différente avec les "on dit que". Et la majorité ne me connaît pas du tout, voire ne m'a jamais vue. C'est fou le pouvoir qu'a la rumeur...
CREDITS IMAGES: Alaska - Gritsou ○ CREDITS FICHE: ROMANE


_________________

Poisons are women's weapons
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thetimeofconquest.superforum.fr/t78-que-le-monde-me-craigne-autant-que-je-l-ai-craint-rowena-merrin http://thetimeofconquest.superforum.fr/t101-lies-pour-un-jour-lies-pour-toujours-rowena-merrin http://thetimeofconquest.superforum.fr/t97-que-d-aventures-dans-nos-miserables-vies
avatar

Inventaire
Grade: Petit Faune
Expérience:
0/0  (0/0)
Sacoche:
Princesse de Narnia | Admin
Messages : 337
Célébrité : Alexandra Dowling
Âge : 24 ans
Points : 446

MessageSujet: Re: We are the queens of promise | Ely   Jeu 23 Avr - 22:56





We are the queens of promise
Elyana & Rowena

Je l'observai avec attention, écoutant ses paroles avec précaution. Elle ne comprenait pas où je voulais en venir. Comment le pouvait-elle ? Je la laissais parler, néanmoins, pour voir ce qu'elle pensait et ce que sa venue ici lui laissait croire. Oh oui, elle était différente. Encore plus qu'elle n'avait pu l'être avant, telle que je l'avais connue avant de connaître ces... rumeurs. Ou peut-être la vérité. Je devais démêler le vrai du faux en conversant avec elle, ainsi j'aurai mes réponses. Oh, elle n'avait pas tord. A l'époque savoir tout cela ne m'aurait servit à rien. En quoi cela changeait-il les choses maintenant ? Nous en parlerions plus tard. La royauté ne peut se permettre, certes, de faire usage de sortilèges ou de potions peu recommandables. Cependant, à quoi bon naître dans une bonne famille si l'on ne pouvait pas en gagner quelques avantages ? Je n'étais pas le genre à me pavaner sous les yeux des gens du peuple ou des autres nobles afin de leur montrer mes bijoux, mes tenues, mes coiffures ou afficher à tous que mon sang était bien royal. Je m'en moquais. J'aimais ma famille et mes origines, je les portais volontiers avec honneur. Toutefois, je ne souhaitais ni m'en cacher, ni en faire ma marque ou ma touche personnelle. Je n'étais pas toujours libre d'être moi-même, j'avais cette impression là. Mais qui étais-je ? Une princesse. Ce n'était pas quelque chose que je pouvais laisser tomber. Je ne désirais pas laisser mon rang ou mon titre de côté. A l'heure actuelle, ce que je désirais, c'était de connaître avec plus de précisions quels genres de potions pour commencer, elle possédait. Elle se leva de son siège pour aller regarder à la fenêtre. Je ne tournais pas le visage vers elle, la laissant aller où bon lui semblait. Je rajoutais un peu de sucre dans ma tasse de thé dont le doux parfum de pomme-cannelle s'émanait à travers une légère fumée. Je touillais le contenu avec une petite cuillère, fermant les yeux l'espace d'un instant, profitant du silence. Lorsque je les rouvris, je vis que Rowena avait bougé et c'est alors qu'elle reprit la parole. Elle n'avait en effet pas à me prendre pour son ennemie. Je ne souhaitais au contraire qu'être proche d'elle, si c'était également ce qu'elle souhaitait. Elle donnait l'impression d'être une femme forte et froide, mais je supposais que sous ses airs de dure se cachait un passé assez sombre. Nous avons tous notre histoire. Cependant, je me doutais bien que celle de Rowena n'avait pas du être de naître dans une grotte ou d'être élevée par un ou une ermite. Elle venait de quelque part, de Calormen. C'est tout ce que je savais au niveau de son passé. Elle m'intriguait. Elle revint s'asseoir et but son thé, en rajoutant quelques autres mots. Je pris une profonde inspiration avant de tourner la tête vers la fenêtre. La neige continuait de tomber par gros flocons.

« Je suppose que tout ce que l'on m'a dit n'est pas entièrement vrai, mais une part de vérité s'y cache toutefois, Rowena. » Je tournais la tête vers elle, puis je touillais à nouveau ma tasse de thé. « Ainsi donc tu fais des remèdes et des poisons. Sois rassurée, je ne veux pas te faire passer un interrogatoire. Je m'intéresse à toi en tant que personne, pas en tant que fournisseuse. Cependant, tout cela m'intriguait et j'avais besoin de connaître la vérité. Je vais répondre à tes questions donc, avant de te poser de nouveau les miennes. » J'approchais la tasse de mes lèvres, soufflant sur le liquide teinté de rouge avant d'en boire quelques gorgées. Je savourai le délicieux arôme du thé avant de reposer la tasse sur la table basse. « Tu n'es pas si différente, non. Toi, tu n'as pas changé. Mais ce que je sais - ou pense savoir - de toi, si. Je ne sais pas encore quoi penser, mais pour le moment, je suis intriguée. Ce que tu fais m'intéresse. La façon dont tu le fais, pour quel genre de personnes, ce que tu demandes en échange... Je ne suis pas sûre qu'une femme telle que toi demande de l'argent, ou pas uniquement en tous cas. Tu es une perle rare, tu as une valeur que beaucoup d'autres n'ont pas. J'espère que tu as conscience de ça ? De plus, je ne te forcerai à rien. Si tu refuses pour une raison ou une autre de répondre à l'une de mes questions, tu peux le faire sans explication. Je sais que notre rang est différent d'un point de vue hiérarchique, mais nous sommes égales en tant que femmes et en tant que filles d'Eve. Je n'ai pas la prétention de te juger selon tes réponses, tu es telle que tu es. Et je sais par avance que tu ne crains pas mon jugement. Je pense que tu me connais suffisamment pour savoir que tu m'intéresses plus que tu ne me fais peur. » Je marquais une pause avant de reprendre. Je repris un peu de thé, prenant mon temps. Nous n'étions pas pressées et je lui offrais un toit pour la nuit de toutes façons. Elle n'avait pas à se soucier - du moins pas tout de suite - du chemin de retour. « On m'a rapporté que tu vendais des potions aux personnes qui venaient réclamer exclusivement tes services. Que tes remèdes et poisons aussi étaient puissants et faisaient des miracles. J'ai entendu parler de morts survenues quelques temps après que des gens soient venus te voir, dans les familles concernées. Que des vieillards ou paysans blessés étaient spectaculairement rétablis après que l'un de leurs proches soit venu te voir. Que certaines personnes trouvaient l'amour rapidement également en ressortant avec une ou plusieurs fioles de ta grotte. J'ai entendu beaucoup de choses dans ce goût-là. J'ignore si ce qui m'a été dit est vrai ou si tout cela est faux. Je voulais savoir ce qui était réel. Car j'ai le sentiment qu'un jour peut-être, je pourrais te rendre service afin de te demander de l'aide. Pour n'importe quoi. J'aimerai savoir ce que tu peux et sais faire, si tout a déjà été testé. Je suis sûre que ce que tu fais doit avoir un effet véritable sur les gens, mais je n'en ai aucune preuve réelle je l'avoue. » Je me stoppais, la regardant avec douceur mais en demeurant sérieuse. Cette conversation n'était pas un jeu ou un piège. A vrai dire, si cela était réciproque bien évidemment, j'aurai adoré me rapprocher de Rowena, partager des secrets avec elle ou des histoires. Mais je ne savais pas encore si je pouvais lui faire pleinement confiance. Malheureusement, là je repensais à mon titre. Une princesse doit pouvoir se méfier de tout le monde. Nous n'avions aucun ennemi direct à vrai dire, même malgré le temps. Les dieux étaient peut-être en colère, mais je refusais de croire que Aslan voulait nous punir. Pourquoi devrions nous craindre ce en quoi nous croyons ?
CREDITS IMAGES: Alaska - Gritsou ○ CREDITS FICHE: ROMANE


_________________

I'm a princess cut from marble smoother than a storm
I move through town, I'm quiet like a fire and my necklace is of rope I tie it and untie it and now people talk to me, but nothing ever hits home and people talk to me, and all the voices just burn holes. ©️ Candy Apple
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thetimeofconquest.superforum.fr/t295-all-for-freedom-and-for-pleasure-nothing-ever-lasts-for-ever http://thetimeofconquest.superforum.fr/t298-your-poor-little-heart-will-end-up-alone http://thetimeofconquest.superforum.fr/t297-carnet-de-voyage http://thedragonbreath.tumblr.com
avatar

Inventaire
Grade: Petit Faune
Expérience:
0/50  (0/50)
Sacoche:
Sorcière Archenlandaise | Modératrice
Messages : 617
Célébrité : Eva Green
Âge : 31 ans
Humeur : Impériale
Points : 648

MessageSujet: Re: We are the queens of promise | Ely   Dim 17 Mai - 21:29





We are the queens of promise
Rowena et Elyana

La jeune femme resta assise sur son fauteuil fixant la princesse de ses yeux clairs, coinçant une mèche d'ébène derrière ses oreilles. Elle se mit à boire tranquillement son thé qui avait un peu refroidi, à petites gorgées car il était encore trop chaud pour le vider d'une traite. Elle pris un petit gâteau enrobé de chocolat qu'elle trempa dans le liquide orangé et le porta à sa bouche, la main en dessous pour éviter les tâches sur sa robe ou sur le sol.
Elle fit en sorte de rester de marbre quand Elyana parla, mais ses paroles lui vinrent droit au cœur. Cela faisait bien longtemps que personne ne s'était intéressé à elle pour son identité et non pas pour ses remèdes ou poisons. Un sourire froid restait figé sur ses lèvres et son regard perçant allait de la fenêtre à la princesse ou à la tasse de thé décorée de petites fleurs roses. Elle l'écouta en silence, passant sa main dans ses cheveux rebelles de temps à autre, buvant le thé le reste du temps, grignotant également. Cependant son sourire s'effaça rapidement. Elle baissa les yeux et afficha une mine peinée. Si elle savait ! Elle n'avait pas plus de vertu que Riwana, cette pirate ancienne employée de son père. Dire que la jeune narnienne pensait peut-être qu'elle était charitable, dotée d'un grand cœur. Il n'en était rien. Elle faisait ça uniquement pour l'argent, pour se venger d'une enfance qu'elle qualifiait de misérable, et d'une fin d'adolescence horrible. Elle avait dû se battre pour survivre pendant que d'autres se plaignaient dès qu'ils avaient un petit rhume. Et c'était la raison pour laquelle elle vendait pas mal de produits inutiles, n'agissant que sur la psychologie et non pas sur la maladie des gens.

Elyana rapporta ce qu'elle avait entendu. Il y avait beaucoup de rumeurs à son sujet, lancées par Rowena elle-même. Beaucoup racontaient l'avoir vue en vrai alors qu'ils ne savaient absolument pas à quoi elle ressemblait. Son histoire était aussi complexe actuellement qu'elle l'avait été avant sa venue en Archenland. Elle laissa durer le silence un moment jusqu'à ce qu'il devienne presque oppressant. Elle ne savait pas vraiment quoi répondre et cherchait ses mots, d'autant plus qu'elle voulait toujours paraître supérieure à son rang grâce à son langage. En tant que fille du peuple elle avait dû apprendre les mots, et elle s'en était toujours servi pour impressionner les gueux du village, leur faire comprendre qu'elle était loin d'être leur égale. Cependant elle devait souvent penser à ses phrases pour les formuler au mieux. Je peux soigner en effet. Je peux tuer également. Je ne l'ai jamais fait moi-même mais mes poisons sont redoutables. Je serai capable de tuer tous les invités à un mariage royal. Je ne fais pas de filtres d'amour cependant. J'ai beau avoir fait en sorte qu'on parle d'une sorcière des plus puissantes vivant dans les bois, je n'en suis pas une, loin de là. D'ailleurs, peu de gens savent où je vis exactement. Le client lambda l'ignore. Personne ne sait qui est cette sorcière. Je vends mes produits sur le marché certes, mais je ne suis pas cette sorcière, en tout cas pas pour eux. Elle pris sa tasse et pris trois gorgées avant de la reposer, reprenant son souffle. Mes potions ne sont pas testées, je connais leur efficacité pour les avoir préparés il y a longtemps. Avant je les testais oui, mais plus maintenant. Certains ont une véritable efficacité, d'autres non. Il faut payer le prix fort pour être soigné des plus graves maladies. Mon commerce ne sauva pas plus de mourants que les prières. Si c'est vraiment efficace, je m'arrange pour ne pas apparaître aux yeux du client. Je suis méfiante, Votre Majesté, et je ne veux pas être brûlée pour sorcellerie comme j'aurai pu l'être il y a quatorze ans.

Elle se leva à nouveau, marcha jusqu'aux portes pour écouter silencieusement, savoir si quelqu'un les espionnait. Elle en déduit que non après avoir ouvert ces mêmes portes. Elle prenait son temps, affichait son air froid et distant. Puis elle se planta, debout devant Elyana, un sourire triste au coin des lèvres. Si vous saviez Votre Majesté, à quel point le sort des petites gens m'intéresse peu. Je cherche avant tout l'argent. La gloire, la reconnaissance ? Je m'en fiche. Je ne fais pas ça pour le plaisir d'aider, plus aujourd'hui. Je suis navrée de vous décevoir mais parfois le peuple cherche à survivre en profitant de la détresse d'autrui. C'est mon cas. Je vends, je prends l'argent et je me moque de savoir ce que va devenir le client. Je fais en sorte que la majorité survive à sa maladie pour que mon commerce fonctionne encore et toujours. C'est le principe. Sinon je ne prendrai pas autant de temps à préparer des potions efficaces. Elle se détourna, secouant la tête et reniflant, levant sa main au niveau de son visage sans le toucher. Je ne sais où vous avez vu de la valeur en moi. Je suis une femme du peuple qui survit. Une exilée. Je ne cherche pas la sympathie des gens, seulement leur or. Je suis malhonnête parce que je les arnaque la plupart du temps. Il n'y a pas grand chose de bon en moi, Votre Majesté. Plus depuis quatorze ans.
Elle marcha jusqu'à la fenêtre, croisa ses bras, les coudes dans la paume des mains. Elle fixa les montagnes, la neige, le ciel gris. Une larme coula sur sa joue, puis une seconde qu'elle essuya vite du revers de la main. J'espère que vous ne connaîtrez jamais la douleur que peut provoquer un exil volontaire et la perte de son enfant, volontaire également. Elle resta dos à la princesse quelques secondes. Elle avait parlé d'une voix faible, seulement audible par Elyana. Puis elle s'était retournée pour lui faire face et observer sa réaction. Pour quoi pouvait-elle bien passer maintenant ? A vrai dire elle se doutait qu'elle serait choquée, mais elle ignorait si elle allait pouvoir rester le temps que la tempête se calme.
CREDITS IMAGES: Alaska - Gritsou ○ CREDITS FICHE: ROMANE



HRP:
 

_________________

Poisons are women's weapons
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thetimeofconquest.superforum.fr/t78-que-le-monde-me-craigne-autant-que-je-l-ai-craint-rowena-merrin http://thetimeofconquest.superforum.fr/t101-lies-pour-un-jour-lies-pour-toujours-rowena-merrin http://thetimeofconquest.superforum.fr/t97-que-d-aventures-dans-nos-miserables-vies
avatar

Inventaire
Grade: Petit Faune
Expérience:
0/0  (0/0)
Sacoche:
Princesse de Narnia | Admin
Messages : 337
Célébrité : Alexandra Dowling
Âge : 24 ans
Points : 446

MessageSujet: Re: We are the queens of promise | Ely   Jeu 21 Mai - 16:31





We are the queens of promise
Elyana & Rowena

J'étais très attentive à ses réponses. Je n'aurai probablement pas du, mais je trouvais cela passionnant. Elle possédait un grand pouvoir, même si celui-ci n'émanait pas vraiment d'elle mais de ce qu'elle faisait et avait prit. Elle pouvait tuer un grand nombre de gens en peu de temps, en une seule soirée par exemple. Je n'avais pas l'intention d'empoisonner qui que ce soit, mais je trouvais cela fort intéressant. J'observai Rowena avec admiration, sans oser dire le moindre mot, pas avant d'obtenir toutes mes réponses en tous cas. Personne ne savait où elle vivait – ou presque – ce que je trouvais assez bien pour sa réputation, celle qu'elle avait voulu se faire. Malgré tout j'avais aussi un peu mal au cœur pour elle. J'avais l'impression qu'elle avait surtout un vide à combler en elle, bien que je n'en étais pas certaine. Je comprenais – du moins j'essayai de comprendre – la peur qu'elle avait d'être brûlée également. En Archenland, la magie n'avait jamais vraiment été la même qu'à Narnia. Nous avions des animaux et des créatures magiques douées de parole, mais là-bas les animaux étaient majoritairement sauvages et nos dieux et cultes étaient bien différents. Je comprenais surtout la peur pour quelqu'un du peuple, ne parvenant pas à faire confiance aux autres et à son sort futur. Les êtres vivants font parfois preuve de cruauté les uns envers les autres, ce qui était d'une atrocité profonde que je ne tolérai pas. Pas lorsque cela était gratuit et mérité, je comprenais qu'il puisse y avoir des guerres dans le passé par exemple, mais cela était bien différent.  Rowena se leva et se dirigea vers les portes, cherchant à savoir si nous étions entendues par quelqu'un dans le couloir. Je ne réagis pas, finissant de boire ma tasse de thé et la déposant sur la table basse devant moi. Elle prit son temps pour revenir, se plantant devant moi. Je relevais la tête vers elle, prête à écouter ce qu'elle avait à me dire, bien que j'appréhendais un peu. Elle ne se sentait pas en confiance ici apparemment. Son sourire n'affichait rien de très bon, et cela me fit légèrement peur. Elle avait un point de vue tout à fait propre à celui des gens du peuple, bien évidemment, elle ne pouvait pas penser comme moi et je ne pourrais pas penser comme elle. Moi, j'avais le pouvoir de changer le sort des gens à une certaine échelle, je n'avais pas à survivre. Je vivais. Elle et tous les autres n'avaient pas toujours eu cette chance. Nous avons chacun reçu une place à occuper dans le monde à la naissance et une destinée. J'étais persuadée que nous avions un destin. Je pensais juste que nous avions parfois des alternatives à celui-ci. Que plusieurs futurs étaient possibles. L'archenlandaise changea soudain de position en se détournant de moi, triste. Je serrai mon accoudoir, me retenant de lui couper la parole pour lui dire ce que je pensais d'elle, moi. Elle se rabaissait beaucoup trop, elle ne voyait pas la beauté et la femme forte qui se trouvait en elle. Personne n'avait du la lui montrer auparavant visiblement, sinon elle ne dirait pas cela à son propos. Ces propos me firent mal au cœur, mais je résistais à l'envie de parler. Elle n'avait pas terminé. Elle se dirigea vers la fenêtre, le regard perdu sur la neige qui tombait encore dehors. Je ne pus m'empêcher de la suivre des yeux. Puis ce qu'elle annonça ensuite brouilla ma vision l'espace d'un instant. Je fixais finalement le siège vide de Rowena face à moi avant de fermer les yeux et d'inspirer lentement. Mes lèvres tremblèrent un peu. Je finis par essuyer les larmes qui coulaient sur mes joues en rouvrant les yeux et en expirant un bon coup. Je me tus un certain moment, le temps de me calmer un peu avant de me lever avec un air solennel et de me diriger vers les portes, pour vérifier à mon tour que personne n'écoutait. Je refusais qu'elle se sente mal à l'aise. Je ne voulais pas qu'elle se sente mal tout court. Je la rejoignais ensuite, me rapprochant de la fenêtre à mon tour. Elle me fixait, demeurant froide alors que je savais que tout ça n'était qu'une carapace, ce qui m'offusquait presque. Elle n'avait pas à se cacher de moi, d'ailleurs ce qu'elle venait de dire, je doutais qu'elle le raconte à tout le monde. Pourquoi m'aurait-elle dit cela après tout, si elle ne me faisait pas un peu confiance ?

Une fois proche d'elle, sans hésitation je pris ses mains pour qu'elle se détende un peu, puis je passais mes bras dans son dos pour l'étreindre un instant. La serrant contre moi, je posais quelques secondes ma tête contre son épaule.
« Tu as une valeur inestimable Rowena, ne laisse jamais personne te persuader du contraire. Tu mérites tout ce qu'il y a de mieux dans ce monde et si je peux contribuer à t'offrir ce qui peut te permettre de connaître le bonheur, je le ferai sans hésiter une seule seconde. » Après quelques secondes, je me retirais en restant cependant face à elle, lui reprenant les mains avec un air triste.« Personne n'as du te montrer quelle était ta juste valeur dans ton passé, mais est-ce une raison de penser que tu ne veux rien ? Tu ne peux pas sauver tout le monde avec tes potions « miraculeuses » mais tu sauves tout de même des vies. Tu es quelqu'un. Tu t'es exilée de Calormen et vit seule depuis plus d'une dizaine d'années. Tu n'as pas gardé ce petit être que tu possédais car tu devais être trop jeune. Car tu étais seule. Toute seule, sans personne. Sans famille, sans amis, sur cette terre inconnue. Je ne peux comprendre ce que tu as ressenti durant ton enfance, ton adolescence et en arrivant en Archenland et ce que tu as vécu jusqu'à aujourd'hui. Je ne sais rien. Mais je veux comprendre, je veux t'aider. Tu n'es ni une cause perdue ni une misérable Rowena. Tu es une femme forte qui a su se construire et s'établir toute seule, sans l'aide de personne. Sans le moindre confort, sans la moindre présence pour t'offrir tout ce dont tu avais besoin. Tu vaux bien plus que ce que tu ne penses. Si j'ai voulu que tu viennes ici, c'était aussi pour apprendre un peu mieux à te comprendre. Pas pour t'étudier, pas pour te juger. Tu vaux beaucoup à mes yeux. Tu es une battante, ce qui demande beaucoup de peine et de douleur par moments. Mais sache que tu n'es pas seule. Je ne connais pas ton entourage, mais même si nous ne vivons pas au même endroit, sache que tu trouveras toujours quelqu'un ici, à Narnia. Sache que tu m'as moi, et que tant que je vivrais, je n'autoriserai personne à te faire le moindre mal. Tu n'auras sans doutes jamais besoin de moi, mais si un jour tel est le cas, tu sauras où me trouver. » Je lâchais ses mains puis me rapprochais de la fenêtre, posant mes mains sur le rebord de celle-ci, le regard évasif, scrutant les toits enneigés de la capitale au loin et la cour de Cair Paravel. « Je suis née dans la bonne famille, à la bonne époque. Mes préoccupations principales ont toujours été mon éducation, ma famille et mon peuple. Pourtant, même si je suis princesse, comme la plupart des enfants issus de familles royales, mon rôle ne surpasse pas celui du fils héritier, de mon frère aîné, Erran. Je n'avais qu'à demander pour obtenir ce que je voulais, et j'ai cherché à apprendre la politique. Mon père et moi nous sommes mis d'accord pour qu'après mon enseignement, je devienne l'ambassadrice du royaume. J'aurai très bien pu me contenter de rester ici à veiller sur les narniens ou à lire, m'occuper intelligemment. Pourtant j'ai préféré prendre le chemin de l'inconnu, voyageant et découvrant Archenland et Calormen, rencontrant les autres ambassadeurs. Je risque ma vie à chaque voyage depuis que les explorations ont été lancées et que les dieux se sont mis en colère contre nous. Le peuple n'y est pour rien. Ce sont les pères des princes et princesses de Tashbaan, Anvard et Narnia qui seraient à l'origine de tous les maux des royaumes et des conquêtes. » Je tournais la tête vers elle sans me détourner de la fenêtre, la fixant droit dans les yeux. « Alors dis-moi, qui sont les méchants dans l'histoire ? Les pauvres, les voleurs, les rois, les dieux, nous ? » Conservant mon air sérieux, je tournais à nouveau la tête vers la fenêtre, le regard rivé sur des soldats en train de s'entraîner dehors, malgré la tempête. « A qui la faute ? »
CREDITS IMAGES: Alaska - Gritsou ○ CREDITS FICHE: ROMANE


_________________

I'm a princess cut from marble smoother than a storm
I move through town, I'm quiet like a fire and my necklace is of rope I tie it and untie it and now people talk to me, but nothing ever hits home and people talk to me, and all the voices just burn holes. ©️ Candy Apple
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thetimeofconquest.superforum.fr/t295-all-for-freedom-and-for-pleasure-nothing-ever-lasts-for-ever http://thetimeofconquest.superforum.fr/t298-your-poor-little-heart-will-end-up-alone http://thetimeofconquest.superforum.fr/t297-carnet-de-voyage http://thedragonbreath.tumblr.com
avatar

Inventaire
Grade: Petit Faune
Expérience:
0/50  (0/50)
Sacoche:
Sorcière Archenlandaise | Modératrice
Messages : 617
Célébrité : Eva Green
Âge : 31 ans
Humeur : Impériale
Points : 648

MessageSujet: Re: We are the queens of promise | Ely   Sam 23 Mai - 18:54





We are the queens of promise
Rowena et Elyana

Rowena observa Elyana s'approcher d'elle après un moment où ni l'une ni l'autre n'avait bougé. La princesse avait les yeux légèrement rouges, sans doute avait-elle versé deux trois larmes. Comment ne pas être émue lorsqu'on a un si grand cœur comme elle ? D'autant plus qu'elle semblait attachée à la sorcière qui demeurait malgré tout distante envers elle. Néanmoins, il était évident qu'elle lui faisait confiance, qu'elle se sentait suffisamment proche de la narnienne pour lui dire tout cela. "Tout cela". Certes elle n'avait pas dit grand chose, mais en ceux deux phrases il y avait tant d'histoires cachées, tant de complications, tant de souffrances ! Tant de souvenirs qu'elle aurait aimé ne jamais avoir, pour certains.
La princesse prit ses mains entre les siennes et la prit dans ses bras. Rowena n'était pas vraiment habituée aux marques d'affection et autres, aussi resta-t-elle de marbre face à ce câlin improvisé. Elle n'en aimait pas moins Elyana, elle n'y était juste pas accoutumée. Depuis combien de temps exactement n'avait-elle enlacé quelqu'un ? Quatorze sans doute. Voire plus. Elle ferma seulement les yeux jusqu'à ce que leur étreinte se termine et que la jeune femme reprenne ses mains froides. Ses paroles lui firent chaud au cœur au début. Puis elle se mit à réfléchir. Méritait-elle vraiment le meilleur ? Elle qui était à l'origine de plusieurs morts, elle qui arnaquait des malades désespérés ? Elle qui vivait en ermite loin du monde du fait de sa misanthropie grandissante ?

Finalement, la princesse repartit dans un monologue comme elle semblait en avoir le secret, arguant que la calormène avait bien plus de valeur qu'elle ne l'imaginait elle-même. Rowena se trouvait beaucoup de valeur. Elle s'aimait comme elle était, elle doutait simplement que les autres puissent l'apprécier de cette façon. Et il s'avérait souvent qu'ils ne l'aimaient pas ainsi. Or elle ne changerait jamais pour les archenlandais, les narniens ou les calormènes. Pas plus qu'elle ne changerait pour un roi ou un dieu étranger. A la rigueur par ambition, pour obtenir ce qu'elle désirait. Mais pour autre chose, pas le moins du monde.
La jeune femme écouta tranquillement, regardant dans la direction de la Capitale narnienne. Elle ne savait pas quoi dire et avait l'impression que peu importe ce qu'elle dirait, Elyana trouverait le moyen de voir en elle une soit disant beauté. Rowena ne voyait en elle qu'un néant de bonté. Sa seule préoccupation était sa propre vie, son élévation. Que les royaumes s'effondrent pourvu qu'elle observe cette chute.

Rowena se demanda pourquoi une fille de roi avait choisi de se salir les mains, tandis que chez le peuple on racontait souvent que les nobles refusaient de travailler. Peut-être voulait-elle se rendre utile, malgré son rang. La calormène retourna près de la table basse pour prendre un petit gâteau qu'elle dévora en une bouchée. Je sais quelle est ma valeur Votre Majesté. Et je sais aussi que parfois je ne vaux pas mieux que le plus mauvais criminel de vos cellules. Elle tourna en rond un instant, jeta un coup d'œil vers Elyana et l'invita d'un signe de tête à la suivre. Rester confinée dans ce petit boudoir l'exaspérait. Elle ouvrit une porte en poussant les deux battants et s'élança dans les escaliers, les montant à la manière d'une reine intransigeante et menaçante, vêtue de ses robes noires et aux couleurs sombres. Elle s'arrêta sur le palier et marcha, la main sur la balustrade, regardant la princesse qui arrivait. La faut à l'archenlandais. La faute à ce mauvais devin. La faute aux voleurs des reliques. Toutefois, je doute que Tash soit si en colère contre nous. Il aime ses descendants. Aslan serait-il le fautif ? Je ne sais pas. En tout cas, il est évident que vous avez dans votre panthéon narnien des dieux vindicatifs. Ne vous êtes vous jamais interrogée Votre Majesté ?
Elle marcha dans le couloir, Elyana sur ses talons. De temps à autre elle s'arrêtait devant une porte et hésitait à l'ouvrir. Elle avait envie de découvrir chaque pièce du château. Finalement elle se retrouva dans une sorte de véranda isolée et d'où on pouvait observer la capitale saupoudrée - et plus encore - de neige blanche semblable à du sucre. Rowena s'approcha des fenêtres et se tourna vers la princesse. Vous savez, depuis quatorze ans je rêve d'être une vraie sorcière. Peu m'importe les bûchers, une vraie ne se laisse pas attraper. J'en rêve parce que la magie noire donne tellement d'opportunités. Je parlais de vos dieux vindicatifs. Je le suis moi-même. Les mauvais dieux me ressemblent plus que les bons. Je rêve d'être une sorcière pour pouvoir me venger. Pour pouvoir peut-être inverser certains éléments de mon passé. Pour pouvoir faire payer à mon proxénète de père le mal qu'il m'a fait. A mon inconnue de mère son absence. Pour pouvoir garder cet enfant sans doute. Pour rester à Calormen. Par Tash ! ce que j'aurais aimé à l'époque rester avec mon amant. Et je vous fais assez confiance... Elle marqua une pause et planta ses yeux pour une fois traversés par une étrange douceur dans ceux de la narnienne. Je n'ai pas gardé ce bébé parce qu'il aurait été comme moi : un bâtard. Et pire encore, le bâtard du troisième fils du Tisroc. Elle avait levé la tête, par défi ou par fierté, nul n'aurait pu le savoir. Il était inutile de préciser qu'Elyana était l'une des seules à savoir pour ce détail de sa vie.
Rowena alla s'adosser à une fenêtre et laissa la narnienne digérer la nouvelle. Elle était ambassadrice, elle connaissait forcément Artaban. Et elle apprenait désormais que ce prince, cet homme d'apparence tout à fait noble avait eu une aventure, presque un enfant avec une femme du peuple. Et le pire c'est qu'ils s'étaient aimé.
CREDITS IMAGES: Alaska - Gritsou ○ CREDITS FICHE: ROMANE


_________________

Poisons are women's weapons
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thetimeofconquest.superforum.fr/t78-que-le-monde-me-craigne-autant-que-je-l-ai-craint-rowena-merrin http://thetimeofconquest.superforum.fr/t101-lies-pour-un-jour-lies-pour-toujours-rowena-merrin http://thetimeofconquest.superforum.fr/t97-que-d-aventures-dans-nos-miserables-vies
avatar

Inventaire
Grade: Petit Faune
Expérience:
0/0  (0/0)
Sacoche:
Princesse de Narnia | Admin
Messages : 337
Célébrité : Alexandra Dowling
Âge : 24 ans
Points : 446

MessageSujet: Re: We are the queens of promise | Ely   Lun 25 Mai - 0:34





We are the queens of promise
Elyana & Rowena

Elle cherchait à me montrer qu'elle ne valait pas plus que la pire des fripouilles car elle avait tué des gens et menti. Mon père aussi avait tué des gens, plusieurs personnes en avaient tué. Des gardes, des soldats, parfois les paysans tuaient leurs proches au lieu de les laisser agoniser lorsqu'ils tombaient gravement malades. Il était vrai que je cherchais des excuses à l'archenlandaise, et je pouvais chercher aussi longtemps que je voulais, je lui en aurais trouvé des centaines. Elle n'était pas parfaite, ce n'était pas la meilleure personne au monde. C'était vrai. Elle était loin d'être la paysanne de l'année. Cependant je pensais quand même ce que j'avais dit. Car là, contrairement à elle et à la plupart des hommes, je n'aimais pas mentir, je n'en voyais pas l'intérêt. Pas ici, pas maintenant. Lorsqu'elle voulut sortir de la salle, je la suivis en refermant soigneusement les portes derrière nous, tandis que Rowena me distançait pour aller en haut des escaliers, d'un air que je trouvais hautain. J'ignore si elle le faisait exprès, mais il me semblait qu'elle voulait se montrer supérieure à moi, se mettre en avant en me regardant de haut. Pourtant je posais ma main sur l'accoudoir de l'escalier et mon autre main se posa sur la première. Elle répondit à ma question en accusant plusieurs personnes, dont mes dieux. Un sourire légèrement moqueur s'afficha sur mon visage. Parce que les dieux narniens étaient plus aptes à se venger de ma famille et de mon père, le roi qui envoyait des hommes en expedition et dans les conquêtes ? Mais qu'à côté de tout cela, Tash ou les autres dieux calormènes qu'elle devait vénérer étaient innocents ? Pourquoi les seuls dieux en colère devraient être les miens ? Je n'appréciais guère sa réponse et l'endroit où elle se tenait pour m'adresser la parole. Je continuais de sourire, lâchant l'accoudoir pour monter les escaliers, sans la quitter des yeux. Une fois à sa hauteur, je continuais de sourire avant de la voir déjà reprendre sa marche. Elle se stoppa souvent devant des portes, probablement curieuse de savoir ce qui se trouvait dedans. Il aurait été irrespectueux de sa part d'en ouvrir une, et je fus ravie de voir qu'elle avait résisté à cette tentation. Je ne disais mot, préférant ne rien dire plutôt que de parler dans le vent ou de dire n'importe quoi. J'avais été élevée ainsi, apprenant à ne parler que lorsque cela était nécessaire. Après, je ne pouvais pas vraiment en vouloir à Rowena : elle avait été élevée par d'autres gens, dans un autre endroit et avait eu une autre vie totalement différente de la mienne. Lorsqu'elle se stoppa définitivement, nous regardâmes toutes deux la capitale enneigée. Elle me confia qu'elle voulait être une véritable sorcière depuis maintes années, ne craignant pas les conséquences. Elle se compara aux dieux et avoua avoir un désir de vengeance auprès de son père, de sa mère, et rattraper des éléments de son passé.

Tout changer en quelques sortes. Je doutais que cela soit possible, on ne peut pas à la fois se venger et modifier des éléments de son passé. Surtout s'ils étaient définitifs, comme un avortement. Je ne savais même pas comment elle avait pu se débarrasser de son enfant... même si elle était jeune, je trouvais qu'en soi, tuer un bébé même s'il n'en était concrètement pas encore un, était de la folie. Néanmoins, je gardais en tête que sa vie avait été dure et que sa solitude avait du la faire beaucoup réfléchir. Lorsqu'elle parla de la confiance qu'elle avait en moi, je tournais la tête dans sa direction, me demandant ce qu'elle comptait me révéler. Et soudain, la nouvelle tomba. Elle ne prononça pas son nom, mais je compris immédiatement de qui il s'agissait. Et elle le savait pertinemment. Je doutais seulement qu'elle sache l'origine de notre relation et de notre proximité... Je levais ma main vers ma bouche, pivotant vers un mur, ne parvenant pas à faire un rapprochement logique entre Rowena et Artaban. Ce n'était pas possible... Elle avait tué le bébé qu'elle aurait eu avec lui ! Il aurait été certes un bâtard, mais je ne comprenais pas. Evidemment. Qui étais-je pour comprendre ce genre de chose. Moi, une femme. Une princesse, sans mari. Sans la crainte d'une menace d'infidélité sur mon mariage. Je me sentais toute petite dans ce si vaste monde, comme s'il avait fallu que je me prenne d'affection pour la femme avec qui mon très proche ami avait passé une nuit - voire plus - et que je devais faire face à cette nouvelle comme s'il s'agissait d'un drame. Je fermais les yeux, tentant de reprendre un peu mes esprits et je soupirais avant de me retourner vers elle.
« Nous n'avons pas toujours le droit d'aimer certaines personnes. L'amour est interdit souvent même, mais cela dépend de nos coutumes et de notre milieu social. » Je ne savais pas exactement quoi dire, mais je ne voulais pas rester sur un silence. Or, je me doutais que Rowena, fille d'un homme peu fréquentable devait avoir peu de chances d'épouser un prince ou de vivre une histoire d'amour passionnée avec lui. Je ne pouvais pas non plus voir Rowena d'un mauvais oeil évidemment, mais Artaban non plus. Jamais. Je regardais à nouveau la neige tomber, me demandant quand celle-ci allait enfin se stopper. « On trouvera toujours un fautif à nos malheurs. Nos parents, nos amis, ennemis, amours. Les dieux, les étrangers. Lorsqu'un malheur s'abat sur le monde et touche une majorité de personnes, c'est comme si un drame nous tombait droit dessus. Au lieu de chercher à résoudre le problème souvent, on accuse quelqu'un. Comment cela pourrait être notre faute ? Nous sommes des victimes, tous autant que nous sommes. Jamais nous ne pourrions être coupables. Et pourtant, chacun de nous a déjà été dans la peau de celui qui souffre et de celui qui inflige la sentence. Ceci s'applique à tout, à n'importe qui. Au temps déréglé et au devin, au voleur des reliques. Aux rois et tisroc qui ont lancé des expéditions. A ceux qui ont peut-être blasphémés des temples ou des lieux sacrés. Ceux qui ne respectent rien ni personne. A ceux qui ne nous aiment pas en retour. A nos dieux pour nous laisser tomber par moments. Mais à quoi bon blâmer le monde lorsque chacun est le bourreau de son voisin ? Lorsque l'on désire changer, il faut le faire. » J'avais pris un air sérieux, faisant également allusion à nos dires quelques minutes plus tôt. Je me tournais ensuite vers elle, soupirant à nouveau. « Tu as changé. Tu as fais des choix. Tu n'as pas gardé cet enfant, tu as choisi de t'isoler des archenlandais et de t'exiler de ton royaume, de partir loin de ton père et du prince. Désormais tu désires être sorcière, et c'est tout à ton honneur, mais je doutes que les moeurs d'aujourd'hui soient les mêmes que ceux qui étaient une dizaine d'années auparavant... nous ne sommes pas des sauvages, les archenlandais non plus. Si tu étais une sorcière et que tu t'en servais pour ton propre intérêt en ne faisant aucun mal au peuple, pourquoi chercherait-il ta mort ? »
CREDITS IMAGES: Alaska - Gritsou ○ CREDITS FICHE: ROMANE


_________________

I'm a princess cut from marble smoother than a storm
I move through town, I'm quiet like a fire and my necklace is of rope I tie it and untie it and now people talk to me, but nothing ever hits home and people talk to me, and all the voices just burn holes. ©️ Candy Apple
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thetimeofconquest.superforum.fr/t295-all-for-freedom-and-for-pleasure-nothing-ever-lasts-for-ever http://thetimeofconquest.superforum.fr/t298-your-poor-little-heart-will-end-up-alone http://thetimeofconquest.superforum.fr/t297-carnet-de-voyage http://thedragonbreath.tumblr.com
avatar

Inventaire
Grade: Petit Faune
Expérience:
0/50  (0/50)
Sacoche:
Sorcière Archenlandaise | Modératrice
Messages : 617
Célébrité : Eva Green
Âge : 31 ans
Humeur : Impériale
Points : 648

MessageSujet: Re: We are the queens of promise | Ely   Dim 31 Mai - 22:15





We are the queens of promise
Rowena et Elyana

Elle n'aurait pas dû prendre cet air hautain. Elle n'avait même pas fait exprès, elle cherchait juste à se protéger un maximum des réactions des autres. Enfin, elle aurait tout aussi bien pu ne rien dire du tout, se taire et faire comme si de rien n'était. Mais elle avait choisi de parler et elle avait peut-être énervé Elyana. Rowena n'était pas bonne pour la communication, elle ne l'avait jamais été, que ce soit par la parole ou la gestuelle. D'autant plus que les longues années à vivre en ermite, côtoyant peu de gens au fil du temps, ne l'avaient pas aidée, au contraire.
Elle restait là, contre la fenêtre, attendant le jugement de la princesse. Elle la regarda, se demandant si elle avait jamais été amoureuse. Elyana pouvait sûrement bouger dans les royaumes puisqu'elle était ambassadrice, elle avait un rôle important à jouer dans la politique narnienne. Ca faisait sourire Rowena de penser qu'au début, les hommes auxquels elle avait affaire ne la prenaient sans doute pas au sérieux. Et finalement, elle s'avérait peut-être redoutable. Quoi que la calormène n'avait aucune idée de comment gérer un conflit, de comment agir avec diplomatie. Certes elle négociait, mais à une plus petite échelle. Et en fait, les négociations n'avaient pas lieu d'être, pas avec elle. Jamais. Ou presque.

Rowena se demanda si elle fulminait intérieurement. Elle ne savait pas vraiment ce qu'il se cachait derrière ses mots. Est-ce qu'elle était en train de la juger ? La sorcière ne maîtrisait pas bien la subtilité des mots, le fait de cacher quelque chose derrière des paroles. Elle y arrivait, un peu, comme tout le monde. Et elle avait grandi à Tashbaan, elle savait mentir, mais reconnaître des mensonges chez un noble était sûrement plus âpre qu'avec un paysan lambda et crétin.
Elle fixa Elyana, songeant qu'il faudrait qu'elle lui demande pardon, avant de partir pour toutes les émotions qu'elle lui avait causées et qu'elle risquait de lui provoquer encore. C'était peut-être aussi éprouvant que d'affronter des ghouls ou de discuter avec des nains.

Elle avait raison cependant. On trouve toujours un bouc-émissaire, un fautif, quelqu'un qui est responsable de notre échec, de nos malheurs. C'est si facile en plus. C'est à la portée de n'importe qui, c'est une solution pratique pour celui qui la trouve, dramatique pour celui qui en est l'objet. Toutefois elle ne pouvait même pas envisager la possibilité que des calormènes aient pu prendre le risque de fâcher Tash et leurs autres dieux. Il faudrait être fou pour faire une chose pareille ! Peut-être les dieux narniens étaient-ils laxistes avec leurs sujets, mais jamais un dieu calomrène n'avait laissé passer un affront à leur égard, si bien que personne ne les injuriait ou ne les provoquait impunément, sous peine de subir mille tourments. Elle ne connaissait pas bien non plus la religion archenlandaise, mais elle voyait mal les esprits provoquer de pareilles tempêtes. Et pourquoi par tous les dieux Azaroth masquerait-elle le soleil sur sa route ? Cela faisait déjà deux fois que Rowena ne prenait la neige pour voyager... et elle hésitait à repartir un jour de sa grotte car comme on dit, jamais deux sans trois. Si seulement elle avait pu obtenir le don de prédiction météorologique, ça lui aurait été très utile pour les semaines à venir.

Toujours est-il que la sorcière tourna la tête vers la princesse, le visage neutre, les yeux perdus dans le vide. Elle frissonna en entendant le nom du Tisroc. C'était peut-être en partie à cause de sa politique expansionniste, mais elle ne le reconnaîtrait jamais, ô grand jamais. Le Tisroc ne pouvait pas être fautif aux yeux de ses sujets. Jamais. Il était le descendant de Tash, le dirigeant d'un Empire vaste, puissant, protégé par Tash en personne. Il ne pouvait décemment pas être responsable de la colère de son ancêtre et des autres dieux.
Puis elle se retint de pouffer. Ainsi donc le Grand Lion et le reste du panthéon abandonnait ses fidèles de temps à autre ? Une belle démonstration de la générosité des dieux narniens envers leurs sujets. A Calormen, on ne doutait pas des dieux. S'il n'intervenaient pas, c'est parce qu'on n'en était pas digne, ou que quelque chose de plus important était en œuvre. Parfois, des choses atroces se produisaient dans la vie d'un calormène, car c'était là son destin voulu par les dieux. Et personne n'en doutait. Ou en tout cas il ne le disait pas en public, ni même en famille. Juste avec lui, lui et lui. Et si un lui venait à se trahir... les autres lui ne duraient pas très longtemps après. Deux jours tout au plus. Même le corps priait pour son âme. Inutilement bien entendu. On n'injurie pas les dieux sans conséquence dramatique.

Rowena fut sortie de sa torpeur par les paroles d'Elyana. Elle était peut-être dans le juste, mais elle ne tenait pas à risquer de finir en gigot rôti pour vérifier que les coutumes avaient changé ou non. Elle préférait amplement rester fraîche et s'interroger plutôt que de cramer et savoir. Simple choix personnel sécurisant. Et quand bien même les mœurs avaient changé, quand bien même les archenlandais cherchaient le soutien des sorcières, elle ne voulait pas aider. Elle voulait devenir une sorcière dans le but de faire le mal. De se venger. D'obtenir ce qu'elle avait toujours voulu, elle qui n'était qu'une bâtarde sans signification : de l'importance, du pouvoir, de l'influence. Elle voulait entendre plus à son sujet, plus de vérité sur ce qu'elle pouvait faire. Elle ne voulait pas faire mentir les gens, elle ne voulait quand même pas condamner leur âme...
Elle réfléchit aux derniers mots de la princesse. "Si tu étais une sorcière et que tu t'en servais pour ton propre intérêt en ne faisant aucun mal au peuple, pourquoi chercherait-il ta mort ?" Là était justement le problème. Rowena était à présent une femme des plus égoïstes qui ne se préoccupait qu'à peine du bonheur de ses "proches". Par exemple, elle serait attristée d'apprendre la mort de Lenaë, mais elle n'irait pas jusqu'à ravager un village entier pour trouver le coupable, non. Elle resterait chez elle, se disant que si la pirate avait été tuée elle trouverait l'assassin et en ferait la soupe de sa mère. Rien de plus. Sa froideur et son manque d'intérêt lui faisait presque peur parfois et elle se demandait si elle aurait réellement été une bonne mère si elle avait gardé cet enfant. Enfin gardé... elle le conservait dans un bocal depuis sa non-naissance donc le mot "garder" semblait un peu ambigu. Si elle lui avait donné la vie disons. Elle l'aurait peut-être laissé crever de faim à force de ne penser qu'à elle, faut d'expérience. Elle était si jeune lorsqu'elle était tombée enceinte ! L'âge de sa catin de mère en fait. Par Tash, ce que cette inconnue qui lui avait servi de génitrice était bienveillante : elle l'avait mise au monde et s'était barrée au lieu de la tuer avant la naissance pour la foutre en conserve dans un bocal à anchois. Elle aurait dû prendre exemple sur elle. Mettre son enfant au monde, le déposer devant la porte des appartements d'Artaban et se tirer en Archenland aussi sec. Comme ça, non seulement il aurait connu son enfant, ce dernier aurait été vivant, et en plus Rowena aurait pu vivre en ermite dans sa grotte.
Au lieu de ça elle avait réduit à zéro ses chances d'être mère pendant longtemps.

Sans raison particulière, la sorcière décrocha complètement. Elle n'était pas ennuyée par Elyana, mais elle s'était perdue dans ses pensées. Elle imaginait un garçonnet aux cheveux foncés comme son père, aux yeux clairs comme ceux de sa mère. Débrouillard, au grand cœur. Solitaire comme celle qui l'élevait. Généreux à son contraire. Il aurait sûrement joué dans le petit étang non loin de la grotte. Il aurait reconnu toutes les plantes de la région, il aurait été un grand guérisseur, et un incroyable commerçant à défaut d'être le fils d'un prince. Il aurait pu voyager, découvrir le monde, rencontrer deux princesses, dont l'une aurait eu son âge. Il aurait finalement vu son père, et qui sait ce qui en aurait découlé mais il aurait été si fier de voir enfin l'homme dont sa mère parlait peu mais en termes toujours élogieux. Et il aurait sûrement eu le cœur brisé de savoir qu'il ne pouvait vivre avec lui, et qu'il ne pouvait être reconnu car il avait une belle-mère et un demi-frère. Parce qu'il était un bâtard. Comme sa mère. Et ce petit aurait été heureux d'être le fils de Rowena, car il aurait admiré sa force de caractère, son abnégation pour son fils.
Dire qu'il aurait eu quatorze ans au cours de cette année là. Dire qu'aujourd'hui il flottait dans un bocal au lieu de nager dans l'étang et de faire des frayeurs à Rowena en restant longtemps sous la surface. Le petit sourire rêveur s'effaça alors et la calormène fit quelque pas, les yeux dans le vague avant de croiser ceux d'Elyana. On pouvait lire dans son regard de la peine, des remords. Elle se laissa tomber au sol, le visage entre ses mains, étouffant quelques sanglots et ravalant ses larmes qui coulaient déjà. Elle renifla bruyamment et essuya ses yeux plusieurs fois du revers de la main, étalant encore plus l'eau qui perlait sur ses paupières. Elle laissa échapper ses bruits si caractéristiques des pleurs et auxquels on ne saurait donner de nom tant ils sont étranges. Par Tash Elyana.... Comment ai-je pu tuer mon bébé ? Pourquoi ai-je fait ça pourquoi ? Mon dieu. Tu te rends compte ? Il aurait quatorze ans cette année. Par Tash ce qu'il aurait été grand ! Elle n'avait même pas fait attention au fait qu'elle avait tutoyé la princesse, c'était sorti tout seul. Elle pleura de plus bel. Ca lui était arrivé, quelques heures après avoir compris ce qu'elle avait fait à l'époque. Elle avait pleuré toutes les larmes de son corps et n'avait plus jamais autant pleuré. Et la voilà qui recommençait. Elle avait des prises de consciences comme ça parfois. Elle se rendait compte qu'elle avait détruit une vie qu'elle aurait chéri, qu'elle ne pouvait plus revenir en arrière. Peut-être était-ce ce qu'elle recherchait dans la magie : le pouvoir de revenir en arrière, tout en sachant pertinemment que c'était impossible : elle avait mis fin à une existence avant même qu'elle ne commence et c'était irrévocable, malgré toute sa bonne volonté. Le seul moyen pour elle de "réparer" un peu cette monstrueuse erreur, c'était d'avoir un nouvel enfant. Et ça, elle n'était pas prête d'y arriver. Elle calma légèrement ses sanglots mais ne retenait pas ses larmes qui roulaient encore et encore sur ses joues aussi rouges que ses yeux.  Des fois, j'imagine comment aurait été ma vie avec lui. Et ça me rend heureuse. Parce que je ne suis pas seule, et je ne suis pas ce personnage distant et froid que je suis en guise de carapace. Et il faut se réveiller, retourner à la réalité : j'ai tué mon enfant avant sa naissance sans y avoir vraiment réfléchi. Sur un coup de tête vous vous imaginez ! J'étais désespérée à ce moment là. Mais pourquoi est-ce que je l'ai fait... pourquoi. Je m'en veux tellement. Et je n'aurai peut-être plus jamais l'occasion de mettre au monde un enfant... A nouveau elle prit son visage entre ses mains, cachant ses yeux et respirant bruyamment tant elle sanglotait et rendait sa respiration irrégulière. Mon petit garçon... mon bébé...
Et elle resta là, les genoux sur le sol, des sillons sur les joues, la robe traînant par terre. Par Tash, ce qu'elle était pitoyable une fois le masque tombé. C'est fou comme une simple petite préparation à base de plante pouvait la faire souffrir plus de dix ans après, encore aussi intensément qu'au premier jour.


Qui sait ? Si on ferme les yeux on vivra vieux. Puisqu'on est jeune et con. Puisque ils sont vieux et fous.
CREDITS IMAGES: Alaska - Gritsou ○ CREDITS FICHE: ROMANE


_________________

Poisons are women's weapons
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thetimeofconquest.superforum.fr/t78-que-le-monde-me-craigne-autant-que-je-l-ai-craint-rowena-merrin http://thetimeofconquest.superforum.fr/t101-lies-pour-un-jour-lies-pour-toujours-rowena-merrin http://thetimeofconquest.superforum.fr/t97-que-d-aventures-dans-nos-miserables-vies
avatar

Inventaire
Grade: Petit Faune
Expérience:
0/0  (0/0)
Sacoche:
Princesse de Narnia | Admin
Messages : 337
Célébrité : Alexandra Dowling
Âge : 24 ans
Points : 446

MessageSujet: Re: We are the queens of promise | Ely   Lun 1 Juin - 16:25





We are the queens of promise
Elyana & Rowena

Au début, je pensais qu'elle devait ressasser mes dernières paroles pour – peut-être – y trouver une réponse. Puis plus les secondes passaient, plus je commençai à croire qu'elle m'ignorait totalement. Elle semblait effacée, absente, inconsciente de l'univers qui l'entourait. Je l'observai un long moment. Elle abordait un air plutôt sérieux avant de sourire. Mais à quoi pouvait-elle bien penser ? Je me rapprochais de la fenêtre, le regard perdu sur le paysage enneigé. Il fallait que le temps cesse de s'emporter. Cela donnait une raison supplémentaire aux peuples d'en vouloir à quelqu'un. Majoritairement, les gens accusaient les dieux, mais aussi et surtout, les familles royales. Que se passerait-il si des révoltes éclataient et que les rois étaient exécutés avec leurs héritiers, ou bien qu'on les emprisonnaient ? Je ne voulais pas supposer que l'un des peuples se rebelle à ce point, mais les expéditions, les conquêtes, les missions et quêtes étaient de plus en plus désastreuses, surtout avec le temps qui n'en faisait qu'à sa tête. Quels dieux aurions-nous offenser ? La guerre était-elle possible et la paix menacée ? J'espérai que non. Que tout allait finir par s'arranger. Les ambassadeurs faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour apaiser les tensions possibles, contrôler un peu ce qui arrivait et rapporter ces informations à leurs dirigeants. Alors que je me perdais également dans mes pensées, des sanglots me firent reprendre conscience de la réalité. Rowena était par terre, comme si elle venait tout juste de tomber et qu'elle ne possédait pas la force de se relever. Elle semblait misérable, et je ne comprenais pas vraiment ce qui avait bien pu la mettre dans un état pareil. Je vérifiais que personne ne nous voyait en lançant un coup d’œil rapide autour de nous avant de l'écouter. Elle regrettait l'enfant qu'elle avait tué avant qu'il ne vienne au monde sûrement car depuis, elle avait du vivre seule, sans personne pour l'aimer. Un enfant aimera toujours – normalement – ses parents. Il lui sera reconnaissant. Il l'aurait été peut-être, mais ça, nous ne le saurions jamais. Elle l'avait tué et il était un souvenir, il appartenait au passé, a un passé lointain. Je m'appuyait d'une main contre le mur, détournant un instant mon regard. Elle se confessa à moi, m'avouant plus que je n'aurai jamais pu l'espérer. Non pas que je voulais savoir toute sa vie, je préférai qu'elle me dise ce qu'elle désirait. Ce qui me faisait mal au fond n'était pas la raison même de la torture qu'elle endurait mais plutôt le fait qu'elle n'avait jamais eu personne au cours de sa vie pour l'épauler. Je doutais qu'elle ait un ou une meilleure amie, ou même un ami proche ou de la famille prête à l'épauler. C'était impossible. Elle ne pouvait pas compter sur ses parents, ni sur Artaban sans doutes puisqu'il ne pourrait pas l'épouser... Elle avait tellement cherché et cherchait tellement à être crainte et a demeurer froide avec les gens qui l'entouraient qu'elle devait endurer seule sa vie entière.

Quand on vit seul, on a que soi pour penser, parler, ressasser. Pas de futur possible à proprement parler. Seulement le passé conditionné au présent encore et encore, comme une roue qui tourne sans jamais s'arrêter. Elle devait pourtant faire tomber la roue, la briser et arrêter de suivre le cours de sa vie sans côtoyer personne à proprement parler. Elle devait essayer de faire confiance à quelqu'un. En tournant la tête vers elle, je remarquais que ce qu'il lui faudrait vraiment serait un homme. Protecteur, capable de briser sa carapace et de donner un coup de pied dans la roue pour Rowena, si elle n'en avait pas la force ou les moyens. Cependant, elle avait baisser sa garde aujourd'hui. Peut-être qu'au fond, à ses yeux, elle ne serait pas venue pour rien... Car elle m'avait délibérément dit et montré ses faiblesses, me les livrant sur un plateau d'argent. Je réfléchissais à un endroit où l'emmener où nous ne serions pas dérangées et où elle pourrait pleurer un bon coup, tout ce qu'elle pouvait extérioriser. Personne ne nous dérangerait, certainement pas si j'étais avec elle. Je devais être là pour elle et l'aider. Alors que j'allais vers elle, elle m'avoua avoir déjà pensé à sa vie avec cet enfant mort. Elle prononça alors tout haut ce que je pensais tout bas quelques instants plus tôt, concernant sa solitude et sa détresse. Elle pleura de plus belle, reniflant et mal au plus haut point. Je lui pris doucement le bras, puis la pris par la taille pour l'aider à se relever avant de passer un bras autour d'elle afin de l'emmener ailleurs. Nous montâmes de nouveaux escaliers, traversâmes un long couloir avant de tourner à droite dans mes appartements. Une fois dedans, je la fis s'asseoir sur mon lit.
« Je reviens tout de suite. » Je sortis pour trouver deux gardes, leur demandant de ne laisser entrer personne sans ma permission, puis je fis signe à un domestique de venir vers moi. « Apporte-moi des mouchoirs en tissu et une couverture s'il te plait, et préviens les cuisiniers en leur demandant de préparer deux chocolats chauds. » Il s'inclina avant de s'exécuter. Il me ramena en un laps de temps assez court des mouchoirs de tissu et je retournai dans ma chambre, voyant que Rowena n'allait pas vraiment mieux. Je lui dépliais un mouchoir que je dépliais pour elle avant de récupérer une brosse et un ruban sur ma coiffeuse. « Tu es libre de pleurer autant que tu le souhaites, n'aies ni peur, ni honte. » Je retournai à ses côtés, la guidant jusqu'à la coiffeuse où je la fis s'asseoir, lui laissant la petite pile de mouchoirs tout près, puis je ramenai ses longs cheveux noirs en arrière, les brossant délicatement, veillant à ne pas lui faire mal. Je remontai ensuite ses cheveux vers le sommet de son crâne pour lui faire un chignon avec le ruban et quelques pinces. Une fois ses cheveux dégagés de son visage, je la fis se lever pour la ramener vers mon lit, lui prenant la main.

« Le passé est passé Rowena, même avec toute la bonne volonté du monde, personne ne peut changer cela. Le problème n'est pas tant que tu aies décidé de faire cela, c'était il y a quatorze ans. Tu étais seule, désarmée, meurtrie ou exilée. Je ne sais pas exactement ce que tu as ressenti et comment tu l'as vécu mais je sais que ça a été très difficile. C'est pour ça que je t'admire autant. Pour ta force. Mais parfois tu dois apprendre à faire tomber le masque, avec les bonnes personnes. Or, on ne peut savoir qui sont ces personnes pour sûr... c'est pour cela qu'il faut parfois prendre des risques. Tu en as peut-être prit un avec moi, je ne sais pas ce que tu en penses. Je suppose que tu ne dois pas dire tout ce que tu viens de dire à n'importe qui, voir à quiconque. Mais tu as eu raison de le faire. Je n'ai qu'une parole, et je te protégerais de mon mieux. Tu es calormène. Tu es archenlandaise. Que tu le veuilles ou non, c'est ce que tu es. Tu n'es pas narnienne et ne veut probablement pas l'être, mais sache que je ne suis pas juge des autres royaumes. Tu peux croire en qui tu veux, tu peux choisir de dire que tu es calormène et renier Archenland. Cela me concerne moyennement. C'est toi qui m'intéresse. J'ai vu en toi du potentiel, bien plus que ce que tu n'es déjà. Tu peux faire beaucoup mieux, tu peux t'offrir un avenir meilleur. Tu dois juste savoir faire les bons choix... et faire des choix, tout simplement. » Je marquais une pause, entendant frapper à la porte. Je relâchai doucement sa main, me levant pour aller vers la porte, ne souhaitant pas que l'on voit Rowena ainsi. Elle n'aurait pas apprécié. J'ouvris et pris le plateau avec les deux chocolats chaud que me tendait le garçon que j'avais accosté un moment avant, le remerciant avant de refermer la porte et d'aller poser le plateau sur une table. Les chocolats étaient encore brûlants. Je retournais auprès de Rowena, debout devant elle, prenant son visage entre mes mains pour qu'elle me regarde. « Nous sommes des femmes, pas des victimes. Tu le sais très bien mais tu sembles refuser de l'admettre vraiment. Je pense qu'il faudrait que tu te lances dans quelque chose de nouveau, mets en avant tes dons avec les plantes, tes connaissances médicinales et tout ce qui fait de toi quelqu'un. Tu es loin de n'être personne. Tu pourrais avoir un enfant, mais tu y parviendras difficilement si tu demeures toujours dans cette grotte, froide. Quelques fois, il faut parvenir à laisser tomber le masque pour permettre aux gens de faire partie de nos vies. N'essaye pas toujours d'être la femme forte qui n'a besoin de personne, tu n'as pas à te montrer hautaine non plus. Les hommes ont besoin de nous tout autant que nous avons besoin d'eux. Dans un couple, l'homme protège sa femme, il a cette force physique que nous ne possédons pas toutes, pas toujours. Il y a tant à dire sur ce qui complète l'un ou l'autre. Nous sommes tous différents, mais tu dois accepter de ne pas être le couple à toi toute seule. Tu ne le désire pas. Personne ne possède la force de foncer seul dans sa vie, de l'affronter seul. »
CREDITS IMAGES: Alaska - Gritsou ○ CREDITS FICHE: ROMANE


_________________

I'm a princess cut from marble smoother than a storm
I move through town, I'm quiet like a fire and my necklace is of rope I tie it and untie it and now people talk to me, but nothing ever hits home and people talk to me, and all the voices just burn holes. ©️ Candy Apple
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://thetimeofconquest.superforum.fr/t295-all-for-freedom-and-for-pleasure-nothing-ever-lasts-for-ever http://thetimeofconquest.superforum.fr/t298-your-poor-little-heart-will-end-up-alone http://thetimeofconquest.superforum.fr/t297-carnet-de-voyage http://thedragonbreath.tumblr.com

Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: We are the queens of promise | Ely   

Revenir en haut Aller en bas
 

We are the queens of promise | Ely

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
THE CHRONICLES OF NARNIA ™ :: Le Royaume de Narnia :: Cair Paravel-
Carte du monde de Narnia

Se déplacer
Top partenaires


Plus ? + Vous ?